Pages

mercredi 7 octobre 2026

Une réforme d’Europol veut faire de l’office européen de police un véritable multiplicateur de force opérationnelle

 

 



La proposition de règlement de 2026 marque un tournant majeur pour Europol, passant d'un instrument flexible de soutien à un cadre juridique plus structuré et opérationnel. Les avancées par rapport au règlement 2016/794 se structurent autour de trois rôles renforcés : un pôle d'information, un pôle opérationnel et un pôle de technologie et d'innovation. La proposition modernise radicalement le traitement des données massives et non structurées en assouplissant la catégorisation rigide des personnes. Les avancées incluent l'ancrage de bureaux de soutien Europol dans les unités nationales, la création d'un Cloud souverain partagé et un accès automatisé aux données pour le Parquet européen.



1. Intégration opérationnelle sans précédent

La proposition de 2026 vise à transformer Europol d'une plateforme de soutien en un véritable moteur de l'action policière coordonnée au sein de l'UE. 
  • Bureaux de soutien Europol (Europol Support Offices - ESO) : Établis par l'article 26, ces bureaux marquent une rupture avec le modèle de 2016 en ancrant Europol directement au sein des structures nationales. Contrairement aux officiers de liaison classiques qui représentent l'État auprès d'Europol, le personnel des ESO est composé de membres d'Europol détachés auprès de l'unité nationale. Ce modèle de rotation permet une circulation continue de l'expertise : les agents apportent aux enquêtes nationales une connaissance fine des outils d'Europol tout en réintégrant ensuite l'agence avec une expérience opérationnelle de terrain renforcée.
  • Centres d'expertise spécialisés : Alors que le règlement de 2016 mentionnait des centres de manière plus diffuse, l'article 13 de la proposition codifie et pérennise des structures comme le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité ou le Centre européen de lutte contre le terrorisme comme colonnes vertébrales de l'agence. Ils deviennent les points centraux pour l'expertise technique, l'analyse forensique et la coordination opérationnelle dans leurs domaines respectifs, incluant désormais systématiquement la lutte contre les menaces hybrides.
  • Actions prioritaires et intérêt commun de l'UE : L'article 11 introduit une innovation de taille : le directeur exécutif peut demander l'ouverture d'une enquête nationale même si le crime ne concerne qu'un seul État membre, dès lors qu'il affecte un intérêt commun couvert par une politique de l'Union. L'État membre sollicité doit traiter cette demande en priorité et motiver tout refus. Cette mesure vise à ce que des phénomènes criminels isolés géographiquement mais ayant un impact potentiel sur l'ensemble de l'Union ne restent pas sans réponse coordonnée. 


2. Modernisation radicale du traitement des données

Le cadre de 2016 est jugé obsolète face à l'explosion du volume et de la complexité des données numériques. 
  • Fin du carcan de la catégorisation rigide (Annex II) : Sous le régime de 2016, Europol ne pouvait traiter des données personnelles que si elles entraient strictement dans des catégories prédéfinies (victimes, suspects, etc.), ce qui créait un goulot d'étranglement opérationnel majeur. La proposition de 2026 (Article 32) permet désormais de traiter des données massives et non structurées (ex: saisies de téléphones, plateformes en ligne) où la distinction entre les catégories de personnes est impossible au moment de la collecte. Cette distinction ne doit plus être faite que « dans la mesure du possible ».
  • Flexibilité pour les enquêtes complexes : Europol peut désormais traiter des données concernant des personnes ne figurant pas dans les catégories de l'Annexe II si cela est nécessaire et proportionné pour ses tâches. Pour compenser cette flexibilité, des garanties strictes sont introduites : les données doivent être immédiatement effacées une fois l'objectif atteint, le délégué à la protection des données (DPD) doit être informé, et ces données doivent être conservées séparées fonctionnellement des données déjà catégorisées.
  • Alignement sur le règlement (UE) 2018/1725 : La proposition aligne le régime de protection des données d'Europol sur les standards les plus récents de l'UE pour les institutions et agences. Cela simplifie radicalement les procédures, notamment en supprimant les « complexités inutiles » propres à l'ancien cadre d'Europol, tout en garantissant un niveau élevé de contrôle par le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD). Cette unification juridique permet à Europol d'utiliser des technologies avancées comme l'intelligence artificielle ou le Cloud souverain dans un cadre protecteur et cohérent.



3. Souveraineté technologique et innovation

La proposition de 2026 rompt avec la simple « veille technologique » du règlement 2016/794 pour doter Europol d'une véritable autonomie industrielle et numérique. 
  • Infrastructure Cloud souveraine (Article 50) : Il s'agit de la création d'une plateforme sécurisée et évolutive de services d'informatique en nuage permettant à Europol et aux États membres d'héberger et d'échanger des outils opérationnels. Cette infrastructure garantit la souveraineté numérique de l'UE en réduisant la dépendance vis-à-vis de fournisseurs tiers non-européens, tout en assurant un contrôle strict des accès et un cloisonnement des données.
  • Identité numérique policière de l'UE (Article 51) : Pour accéder à ce Cloud, la proposition instaure un système d'authentification harmonisé et sécurisé pour les enquêteurs. Ce mécanisme doit s'appuyer sur les standards de l'identité numérique de l'UE (eIDAS) pour permettre une identification fiable des agents accédant aux infrastructures partagées.
  • Espace de données partagées (Police Shared Data Space - Articles 42 à 45) : Contrairement aux simples échanges bilatéraux du passé, cet espace permet de créer des dossiers d'analyse opérationnelle conjointe (JOAC). Dans cet environnement sécurisé, les enquêteurs de différents pays et les agents d'Europol peuvent traiter, analyser et éditer ensemble des documents ou des rapports en temps réel.
  • Intelligence Artificielle et Recherche (Articles 60-61) : Europol reçoit un mandat clair pour développer et valider ses propres outils algorithmiques et systèmes d'IA. Pour ce faire, l'agence peut utiliser des bacs à sable réglementaires (environnements de test isolés) en conformité avec l'IA Act, permettant d'entraîner des modèles sur des données réelles tout en protégeant les droits fondamentaux.
  • Application de correspondance ADN de l'UE (Article 54) : Cette nouvelle capacité technique permet la comparaison automatisée des profils ADN au niveau européen. L'objectif est de renforcer la souveraineté technologique de l'Union dans le domaine forensique et de réduire la dépendance aux technologies de pays tiers. 


4. Coopération judiciaire et financière renforcée

Le texte de 2026 fluidifie le passage de l'enquête policière à la procédure judiciaire et s'attaque plus fermement aux profits criminels. 
  • Synergie avec le Parquet européen (EPPO - Article 81) : La proposition institutionnalise le soutien d'Europol à l'EPPO par la création d'une unité de soutien dédiée. L'innovation majeure réside dans le mécanisme d'accès automatisé (hit/no-hit) : l'EPPO pourra détecter des liens dans les bases de données d'Europol sans être bloqué par les restrictions de partage habituellement imposées par les fournisseurs de données (États membres ou agences), une exception unique justifiée par le statut spécifique de l'EPPO.
  • Traque des avoirs criminels et gel d'urgence (Article 9) : Europol voit son rôle s'étendre au-delà de l'analyse financière pour inclure un soutien opérationnel direct au recouvrement des avoirs. L'article 9(3) permet à Europol de demander aux autorités nationales de prendre des mesures de gel immédiates s'il existe un risque imminent de disparition de biens criminels identifiés. L'État membre sollicité doit statuer, si possible, dans un délai de 24 heures.
  • Continuité de la chaîne pénale (Article 11) : Pour s'assurer que les renseignements criminels débouchent sur des poursuites, toute proposition d'Europol d'ouvrir une enquête nationale doit désormais être systématiquement transmise à Eurojust pour coordination judiciaire. Cela garantit un continuum entre l'action policière et le suivi devant les tribunaux.


5. Évolution du champ de compétence

La proposition de 2026 élargit le mandat d'Europol pour répondre à des formes de criminalité plus modernes et complexes. 
  • Menaces hybrides : L'agence reçoit un mandat explicite pour traiter les crimes relevant de sa compétence qui présentent une dimension hybride. Cette dimension est désormais intégrée de manière transversale dans tous les centres spécialisés d'Europol, reconnaissant que de telles activités (cyber-menaces, instrumentalisation, etc.) peuvent survenir dans n'importe quel domaine criminel. Europol peut ainsi mobiliser l'ensemble de sa boîte à outils (opérationnelle, analytique et technique) pour contrer ces menaces qui touchent aux intérêts communs de l'UE.
  • Violences de genre : Le texte de 2026 inclut formellement les violences fondées sur le genre dans la liste des formes de criminalité graves (Annexe I). Cette inclusion reflète la nature de plus en plus transfrontalière et facilitée par les technologies de ces actes. Elle permet à Europol de soutenir les États membres par l'échange d'informations et l'identification de liens entre des cas affectant plusieurs juridictions, en cohérence avec la directive (UE) 2024/1385. 


6. Gouvernance et Droits Fondamentaux

Pour accompagner ses nouveaux pouvoirs, la proposition renforce les structures de contrôle et de gestion.
  • Conseil d'administration exécutif (Executive Board) : L'article 75 crée cette structure à deux niveaux pour assister le conseil d'administration. Son rôle est de renforcer la supervision administrative et budgétaire, permettant au conseil d'administration principal de se concentrer davantage sur les questions stratégiques. Il assure également un suivi plus étroit de la mise en œuvre des décisions et de la performance de l'agence.
  • Officier aux droits fondamentaux (Fundamental Rights Officer - FRO) : La proposition institutionnalise ce poste pour garantir que les activités renforcées d'Europol respectent la Charte des droits fondamentaux. L'officier conseille l'agence, surveille la conformité de ses actions et rend compte directement au directeur exécutif. De plus, une formation obligatoire aux droits fondamentaux est instaurée pour tout le personnel, en coopération avec l'Agence des droits fondamentaux (FRA). 


7. Nouveaux instruments de coopération opérationnelle

Le texte de 2026 transforme des pratiques informelles en outils juridiques structurés et financés. 
  • Équipes communes d'enquête (JIT) : Europol renforce son rôle au-delà de la simple analyse. L'agence peut désormais fournir un soutien technologique et financier direct. L'article 124(4) permet même à Europol de couvrir l'intégralité des coûts d'investissement en équipement et infrastructure nécessaires à ces équipes, facilitant ainsi les enquêtes complexes de longue durée.
  • Task forces opérationnelles (OTF) : L'article 20 codifie ce mécanisme de coordination flexible pour concentrer les efforts sur des cibles de haute priorité et des réseaux criminels à haut risque. Contrairement au cadre flou de 2016, Europol participe désormais activement à la planification et à l'exécution des activités de renseignement criminel de ces task forces.
  • Réserves d'experts (Expert Pools) : Établies par l'article 24, ces réserves sont composées d'experts nationaux (forensique, cyber, technique) désignés par les États membres. Ces experts peuvent être détachés auprès d'Europol pour répondre à des besoins opérationnels spécifiques, garantissant ainsi que l'agence dispose toujours des compétences de pointe nécessaires pour soutenir un État membre en cas de crise ou d'enquête technique complexe.



8. Renforcement de la dimension externe (Hors UE)

La proposition de 2026 reconnaît que la sécurité intérieure de l'Union dépend de plus en plus de la coopération avec des partenaires extérieurs. 
  • Déploiement d'experts dans des pays tiers : L'article 22, paragraphe 8, introduit une avancée majeure en permettant le déploiement d'experts d'Europol sur le territoire de pays non membres de l'UE. Ces déploiements visent à fournir un soutien analytique, opérationnel et technique directement là où les activités criminelles sont détectées. Cela permet une coordination en temps réel des enquêtes internationales sur le renseignement criminel, dépassant le simple cadre de l'échange de messages.
  • Intégration des pays associés à Schengen : L'article 93 prévoit un cadre spécifique pour les pays comme la Suisse ou la Norvège, qui participent à l'espace sans frontières intérieures. Contrairement aux autres pays tiers, ces partenaires pourront bénéficier d'un niveau d'intégration opérationnelle sans précédent, incluant un accès direct aux mécanismes de recherche de données d'Europol (Service de recoupement et Environnement analytique) et un statut d'observateur au sein du conseil d'administration. 


9. Nouvelles capacités en matière de signalements (SIS)

La proposition renforce le rôle d'Europol dans l'alimentation du Système d'Information Schengen (SIS), l'outil de surveillance le plus vaste d'Europe. 
  • Signalements « au nom de l'Union » : L'article 30, paragraphe 4, permet à Europol de proposer aux États membres l'introduction de « signalements d'information dans l'intérêt de la Union ». Ces signalements concernent des ressortissants de pays tiers suspectés de terrorisme ou de criminalité grave, sur la base de données transmises à l'agence par des partenaires internationaux (ex: INTERPOL).
  • Suivi automatisé : Pour garantir l'efficacité de cette mesure, un mécanisme de rapport annuel est instauré pour évaluer le nombre de signalements proposés et les résultats obtenus lors des recoupements (hits). Cela transforme Europol en un trait d'union actif entre le renseignement criminel mondial et les outils de surveillance aux frontières de l'UE. 


10. Europol comme « Intermédiaire de confiance » avec le privé

Face à une criminalité de plus en plus numérique, Europol devient le pivot central des relations entre les polices et le secteur privé. 
  • Infrastructure technique d'échange (Article 47) : L'agence met en place un mécanisme sécurisé permettant aux États membres et aux entreprises privées d'échanger des données. Si cet échange porte sur des crimes relevant du mandat d'Europol, l'agence en reçoit automatiquement une copie pour enrichir son intelligence criminelle. Europol garantit ainsi la sécurité de l'infrastructure et la traçabilité des échanges.
  • Simplification des obligations de signalement : Cette plateforme est conçue pour faciliter le respect des obligations légales des entreprises (ex: Règlement TCO sur les contenus terroristes ou Digital Services Act). Elle sert également de plateforme de réponse aux crises en ligne, permettant à Europol de fournir aux acteurs privés les informations nécessaires pour identifier rapidement des contenus ou des comptes malveillants lors d'événements graves.
  • Principe de « déclaration unique » : Pour ne pas surcharger les entreprises de demandes redondantes, l'agence gère ces requêtes de manière centralisée via son Service opérationnel et d'analyse, évitant ainsi que plusieurs autorités ne demandent la même donnée au secteur privé.



11. Standardisation et efficacité des données

La proposition de 2026 place Europol au cœur de la cohérence technique des polices européennes pour garantir que l'information circule sans friction. 
  • Secrétariat de la gouvernance de l'UMF (Article 53) : Europol ne se contente plus d'utiliser le format de message universel (Universal Message Format — UMF), il en devient le secrétariat officiel. L'agence est désormais chargée de diriger les discussions techniques et opérationnelles avec les États membres et eu-LISA pour faire évoluer ce standard (modèles de données, sémantique). L'objectif est que tous les systèmes de justice et de police en Europe utilisent une « langue » commune pour échanger des informations sur les personnes, les objets ou les infractions.
  • Principe de « déclaration unique » (Once-only) : Pour éviter de surcharger les autorités nationales et le secteur privé, Europol centralise désormais la gestion de ses demandes d'information via son Service opérationnel et d'analyse. Ce service veille à ce qu'une donnée déjà présente ou demandée ne fasse pas l'objet d'une nouvelle requête. De même, la plateforme de coopération avec le privé garantit que les entreprises ne reçoivent pas plusieurs fois la même demande de la part de différentes autorités de l'UE.
  • Principes FAIR (Articles 40 à 42) : 
    La proposition impose que les données au sein de la communauté de sécurité de l'UE répondent aux standards FAIR :Faciles à trouver (Findable) : Grâce à des référentiels indexés (Espace de données partagées), des métadonnées standardisées et des identifiants uniques.
    • Accessibles (Accessible) : Via l'identité numérique policière de l'UE et des outils sécurisés comme SIENA.
    • Interopérables (Interoperable) : Par l'usage obligatoire de l'UMF et l'automatisation des recoupements entre bases de données (ex: ADN).
    • Réutilisables (Reusable) : En utilisant des composants logiciels modulaires et des méthodologies d'analyse standardisées. 


12. Soutien financier direct aux États membres

Le règlement 2016/794 limitait largement Europol à un rôle de coordination. La proposition de 2026 lui permet de devenir un bailleur de fonds opérationnel. 
  • Financement intégral des équipements (Article 124) : C'est une avancée majeure. Lorsque cela est justifié par des besoins opérationnels, Europol peut désormais couvrir 100 % des coûts d'investissement pour des équipements ou des infrastructures nécessaires à la coopération policière. Cela permet de s'assurer que les États membres disposent des outils techniques (serveurs, logiciels de pointe) pour se connecter aux services d'Europol.
  • Soutien aux Unités Nationales (Article 25) : Europol est désormais autorisé à verser des contributions financières directes aux unités nationales Europol (ENU) pour soutenir leur fonctionnement et leur capacité technique de liaison avec l'agence.
  • Subventions sans appel d'offres (Article 124) : Pour des raisons d'urgence ou de confidentialité liées à une enquête, Europol peut attribuer des subventions à un État membre sans passer par une procédure d'appel d'offres classique, garantissant ainsi la rapidité de l'appui financier sur le terrain.
  • Appui aux réserves d'experts et JIT : Europol peut financer les coûts liés à la formation et au détachement des experts nationaux des « pools d'experts » et apporter un soutien financier direct aux équipes communes d'enquête (JIT).



synthèse par Pierre Berthelet

 

 

mercredi 30 septembre 2026

CAAR 2025 : Frontex dépasse de plus de 105 % de son objectif annuel d’expulsion de migrants illégaux


Frontex a rendu son rapport annuel d’activité et il faut y noter un record historique pour les retours, une consolidation du Corps permanent avec près de 3.000 agents sur le terrain, une baisse des franchissements aux frontières, une expansion opérationnelle dans les pays tiers ainsi qu’une surperformance en imagerie spatiale.


Que faut-il tenir ?

Le Rapport Annuel d'Activité Consolidé 2025 (CAAR 2025) de Frontex met en avant les faits marquants et résultats clés suivants : 

  • Record historique pour les retours : Frontex a soutenu le retour de 63 493 ressortissants de pays tiers (dont 65 % de retours volontaires), dépassant son objectif annuel de 60 000.
  • Consolidation du Corps permanent : Une présence quotidienne moyenne de 2 963 agents sur le terrain a permis de couvrir près de 90 % des besoins operationalisés.
  • Expansion opérationnelle dans les pays tiers : Sur les 35 opérations conjointes menées, 8 se sont déroulées directement sur le territoire de 6 pays tiers partenaires grâce aux accords de statut de l'UE.
  • Surperformance en imagerie spatiale : L'agence a fourni plus de 1 500 produits de surveillance satellitaire via Copernicus (dépassant largement l'objectif de 600) et a lancé la modélisation d'un Jumeau Numérique (Digital Twin) des frontières.


1. Développement du Corps européen permanent (Standing Corps) 

  • Jalon institutionnel et présence opérationnelle : L'année 2025 a marqué les 5 ans de la création du Corps permanent. Au cours de l'année, environ 7 300 membres du Corps permanent ont été mobilisés pour assurer une présence quotidienne moyenne de 2 963 agents sur le terrain. Ces effectifs ont permis de couvrir près de 90 % des besoins opérationnels identifiés par l'agence.
  • Répartition des catégories d'agents : Les déploiements en jours-hommes ont été assurés à 38 % par la Catégorie 1 (personnel statutaire de Frontex), 30 % par la Catégorie 2 (détachés à long terme par les États membres) et 32 % par la Catégorie 3 (détachés à court terme). Les détachements de Catégorie 2 ont représenté 1 144 agents, atteignant 92 % du quota légal prévu par le règlement.
  • Recrutement et attractivité (Catégorie 1) : La 4e campagne de recrutement s'est achevée avec l'embauche de 207 agents statutaires de Catégorie 1. La 5e campagne, lancée à l'automne 2025 pour des prises de fonction en 2026, a confirmé l'attractivité du dispositif en enregistrant 3 587 candidatures.
  • Hiérarchie, chaîne de commandement et uniforme : 
    • Frontex a mis en place un système de grades et d'insignes par fonction appuyé sur les standards OTAN (STANAG 2116).
    • La structuration de la chaîne de commandement (FC2) a progressé avec l'activation de 8 contingents sur 9 (6 contingents régionaux de terrain et 2 contingents dédiés aux retours), placés sous l'autorité de commandants de contingent.
  • Formation et Académie EBCG : L'agence a officialisé la création du Centre de formation Frontex (Frontex Training Centre) à Varsovie. En 2025, 346 agents ont obtenu leur diplôme de formation initiale et 211 nouvelles recrues ont entamé leur cursus à Varsovie en octobre. De plus, 830 agents de Catégorie 1 ont validé leur formation annuelle obligatoire sur l'usage de la force.



2. Opérations conjointes et gestion des frontières

1. Restructuration stratégique : L’approche intégrée par pays (Country-based approach) 

  • Nouveau modèle opérationnel : À partir du cycle 2025, Frontex a restructuré la planification de ses opérations conjointes (Joint Operations - JO) en abandonnant la logique sectorielle au profit d'une approche globale par pays. Cela permet de regrouper sous un plan opérationnel unique l'ensemble du soutien technique, logistique et humain fourni à un État hôte, couvrant tous les domaines frontaliers (aérien, terrestre et maritime)[1].
  • Périmètre des opérations : L'agence a déployé 35 opérations conjointes au total (lancées le 22 janvier 2025) réparties en 27 opérations aux frontières extérieures de l'UE et 8 opérations sur le territoire de pays tiers.
  • Extension dans les pays tiers : Les opérations menées dans six pays tiers (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Moldavie, Monténégro, Macédoine du Nord et Serbie) reposent sur des accords de statut (Status Agreements) signés avec l'UE. Ces accords confèrent aux agents déployés des compétences exécutives et ont permis d'élargir considérablement les zones d'opérations. Par exemple, l'entrée en vigueur du Status Agreement 2.0 en Bosnie-Herzégovine en juin 2025 a transformé la mission en opération de plein exercice. Des activités coordonnées sans pouvoirs exécutifs sont également menées en Géorgie et au Kosovo.


2. Mobilisation des capacités humaines et matérielles 

  • Corps permanent ( Standing Corps ) et personnel : Frontex a maintenu une présence quotidienne moyenne de 2 963 agents sur le terrain, mobilisant environ 7 300 membres du Corps permanent au cours de l'année. Chaque période de déploiement comprenait en moyenne 847 agents de Catégorie 1 (personnel statutaire de l'agence), 672 agents de Catégorie 2 (détachés à long terme) et 840 à 5 488 agents de Catégorie 3 (détachés à court terme), complétés par 1 956 agents des pays hôtes et 280 interprètes ou médiateurs culturels.
  • Équipements lourds et spécialisés déployés : 
    • Aérien : 52 avions à ailes fixes et 13 hélicoptères de surveillance.
    • Maritime : 43 navires de haute mer (Offshore Patrol Vessels), 9 patrouilleurs côtiers et 84 vedettes côtières.
    • Terrestre : 664 véhicules de patrouille (dont des véhicules tout-terrain pour zones difficiles), 66 systèmes mobiles de surveillance, 12 véhicules pour unités cynophiles et 13 véhicules dédiés à la gestion de la migration.
  • Taux de couverture : Ces déploiements ont permis de couvrir près de 90 % des besoins opérationnels identifiés lors des évaluations de risques et de vulnérabilités.


3. Bilan opérationnel, lutte contre le trafic et recherche et sauvetage (SAR) 

  • Incidents enregistrés : 94 190 incidents ont été signalés au cours des opérations en 2025, soit 4,5 fois plus qu'en 2024 (20 953 incidents).
  • Lutte contre les passeurs : L'action des équipes sur le terrain a mené à l'interpellation de 1 952 passeurs et facilitateurs.
  • Baisse des franchissements illégaux : Les franchissements irréguliers détectés dans le cadre des opérations conjointes ont baissé de près de 13 % par rapport à 2024 (225 682 contre 259 122) et de 34 % par rapport à 2023 (341 857).
  • Opérations de recherche et sauvetage (SAR) : Les moyens maritimes et aériens engagés ont participé à 1 629 incidents SAR, permettant de secourir 64 720 migrants.


4. Structuration de la chaîne de commandement (FC2) et Centre d'opérations 24/7 

  • Centre d'opérations centralisé 24/7 (OPC) : Établi au siège de l'agence, l'OPC sert de plateforme centrale d'information et de communication 24h/24 et 7j/7 reliant les contingents sur le terrain, les centres nationaux de coordination (NCC/EUROSUR) et les partenaires. Il assure le suivi en temps réel de la situation aux frontières et la validation rapide des rapports d'incidents graves (Serious Incident Reports).
  • Consolidation des contingents (FC2) : La chaîne de commandement Frontex (FC2) s'est structurée sur le terrain avec l'activation de 8 contingents sur les 9 prévus (6 contingents régionaux de terrain et 2 contingents dédiés au retour.
  • Force de réaction rapide ( Quick Reaction Force - QRF ) : Des mécanismes de renfort rapide ont été testés et déployés pour répondre à des besoins urgents, notamment au sein du Contingent 4 (Italie), du Contingent 6 (France) et du Contingent 2 (Chypre).
  • Soutien événementiel : L'agence a fourni des renforts ciblés lors de pics d'affluence et d'événements majeurs dans plusieurs aéroports, ports et frontières terrestres (notamment en France, en Belgique, en Italie et aux îles Canaries).


5. Sécurité maritime multidisciplinaire et lutte contre la criminalité 

  • Fonctions de garde-côtes (TWA) : Dans le cadre de la coopération tripartite avec l'EMSA et l'EFCA, Frontex a dirigé les opérations maritimes multidisciplinaires (Multipurpose Maritime Operations - MMO) MMO Baltic Sea 2025 (élargie à la Danemark, la Pologne et la Suède) et MMO Western Black Sea, et a contribué à l'opération MMO Adria.
  • Opérations conjointes ciblées : Frontex a dirigé ou co-dirigé 7 journées d'action conjointes (Joint Action Days - JAD) dans le cadre de la plateforme EMPACT pour lutter contre le crime organisé (trafic de véhicules, armes, stupéfiants, traite des êtres humains). L'opération JAD Mobile 8 a notamment permis de détecter 694 véhicules volés et de saisir plus de 12 tonnes de drogues. L'agence a également soutenu les investigations sur la fraude documentaire via le groupe DFIG. 


3. Retours, réadmission et réintégration

1. Volumes, modalités et logistique des vols 

  • Volume record et objectifs dépassés : Frontex a soutenu le retour de 63 493 ressortissants de pays tiers vers 127 pays de destination, atteignant 105,8 % de son objectif annuel fixé à 60 000 retours (+13 % par rapport à 2024).
  • Répartition volontaire / forcé : Les retours volontaires ont représenté 65 % du total (41 369 personnes), tandis que les retours forcés ont constitué 35 % (22 119 personnes).
  • Prédominance des vols réguliers : 85 % des retours (53 726 personnes) ont été effectués via des vols réguliers (scheduled flights), dont le recours a augmenté de 19 %. Pour la première fois, le nombre de retours forcés réalisés sur vols réguliers a dépassé celui effectué par vols charters.
  • Évolution des vols charters : Les retours par vols charters ont baissé de 16 % (9 762 personnes / 40 vols charters financés) en raison de contraintes géopolitiques et logistiques (fermetures d'espaces aériens et dégradation des relations diplomatiques touchant l'Afrique du Nord et les Balkans occidentaux).
  • Nouveaux mécanismes et reprises : L'agence a introduit un mécanisme de seuil financier (financial threshold) permettant de cofinancer des opérations charters complexes. L'année 2025 a aussi été marquée par la reprise du soutien aux retours volontaires vers la Syrie (mars 2025) et l'Afghanistan (novembre 2025).


2. Déploiements opérationnels : Agents FRESO et Spécialistes du retour 

  • Officiers FRESO ( Frontex Return Escort and Support Officers ) : 104 agents déployés sur 15 sites dans 10 États membres hôtes (avec 5 nouvelles ouvertures à Düsseldorf, Athènes, Munich, Bruxelles et Lisbonne) ont assuré l'assistance au sol, le soutien aux transits, l'appui aux charters et l'escorte, soutenant le retour de 27 143 personnes.
  • Spécialistes du retour ( Return Specialists - RS ) : Déployés sur le terrain (93 déploiements d'un an), ces agents ont mené 17 980 sessions de conseil en retour et réintégration (+13 % par rapport à 2024). Leur soutien technique aux systèmes d'information nationaux de retour a progressé de 54 %, représentant 43 % de leur activité globale. Au total, ils ont appuyé le traitement de 36 069 dossiers.
  • Soutien à l'identification : Plus de 4 233 cas d'identification ont été traités par les Spécialistes du retour, les officiers de liaison EURLO (10 EURLO couvrant 15 pays tiers) et lors de missions dédiées.


3. Le Programme de réintégration de l'UE (EURP) 

  • Expansion du programme : L'EURP a apporté une assistance post-arrivée et post-retour à 19 031 personnes enregistrées (13 591 dossiers) vers 40 pays tiers]. Cela représente une hausse de +62 % des bénéficiaires et de +56 % des dossiers par rapport à 2024. La Syrie et l'Afghanistan ont été intégrés au dispositif respectivement en juin et décembre 2025.
  • Contrôle qualité (QMEF-TSG) : Frontex a conduit 7 missions de suivi sur le terrain et 9 visites d'évaluation EURLO auprès des partenaires de réintégration pour veiller au maintien des standards de qualité.


4. Formation, bonnes pratiques et coopération externe 

  • Renforcement des compétences : 139 professionnels des États membres, pays associés Schengen et du Corps permanent ont été formés au conseil en retour et réintégration.
  • Programme de mobilité ( Return Mobility Programme ) : 49 experts nationaux ont pris part à 19 visites d'échange thématiques d'un État membre à l'autre.
  • Guides et ateliers : Publication d'un guide de bonnes pratiques sur les alternatives à la détention (Alternatives to Detention) et organisation d'ateliers techniques (gestion des cas, vérification de nationalité) avec l'Arménie, la Côte d'Ivoire et l'Éthiopie. 


4. Numérisation, systèmes d'information et écosystème d'intelligence

  • Grands systèmes d'information de l'UE (ETIAS & EES) :
    • ETIAS : L'Unité centrale ETIAS (ECU) a poursuivi ses préparatifs opérationnels et organisationnels (validation des procédures, plans de continuité d'activité et de sécurité) afin d'assurer son fonctionnement 24h/24 et 7j/7 en vue du lancement prévu au quatrième trimestre 2026. L'agence a également piloté la coordination avec les États membres pour la mise en place de leurs unités nationales ETIAS (ENU).
    • Système d'entrée/sortie (EES) : Depuis octobre 2025, Frontex assure un soutien 24h/24 et 7j/7 aux voyageurs et aux États membres via l'application mobile Travel to Europe, permettant la pré-inscription des documents de voyage et des photographies faciales. De plus, le cadre d'assistance 24/7 destiné aux transporteurs aériens, maritimes et terrestres via l'outil COBST (Carrier Onboarding and Support Tool) a été finalisé en vue de son entrée en service début 2026.
  • Évolution d'EUROSUR et architecture de données :
    • Consolidation des réseaux : L'agence a maintenu l'infrastructure ECN 1.0 tout en déployant la version EUROSUR 1.5 sur le réseau restreint (EU-R) et la version EUROSUR 2.0 sur le réseau non classifié (UNCLA). L'application de rapport d'incidents JORA a été officiellement remplacée par EUROSUR UNCLASSIFIED.
    • Plateforme de données et nouveaux services : Le déploiement de la nouvelle plateforme de données (Data Platform) pose les bases du futur système EUROSUR 2.1 et de l'interconnexion automatisée avec les systèmes nationaux. Le catalogue de services de fusion EUROSUR (EFS) s'est enrichi, notamment avec l'ouverture au deuxième trimestre 2025 d'un service d'analyse dédié aux flux de voyageurs.
  • Analyse situationnelle, imagerie spatiale (Copernicus) et jumeau numérique :
    • Volume record de produits Copernicus : Dans le cadre de l'accord avec la DG DEFIS pour le service de surveillance des frontières (CBSS), Frontex a fourni plus de 1 500 produits d'imagerie et de surveillance satellitaire, dépassant très largement l'objectif initial fixé à 600 produits. L'année a également été marquée par la célébration des « 10 ans de Copernicus chez Frontex ».
    • Projet de Jumeau Numérique ( Digital Twin ) : Dans le cadre du concours Copernicus Prize, des démonstrations sur le terrain (DEMODAYS en juin 2025) ont été conduites en Roumanie pour modéliser virtuellement des zones frontalières en combinant données satellitaires, sources ouvertes et capteurs tactiques (drones, robots) afin d'optimiser le positionnement des moyens de surveillance.
    • Production cartographique et décisionnelle : L'agence a traité 1 578 demandes d'analyse de données (avec un taux de respect des délais de 97 %) et généré 52 nouveaux modèles de cartes grâce à 4 générateurs cartographiques. De nouveaux tableaux de bord automatisés ont été intégrés pour le suivi des flux de voyageurs, de la criminalité transfrontalière et des événements EUROSUR.


5. Recherche, innovation et technologies émergentes


  • Projets pilotes et essais technologiques sur le terrain : 
    • Drones tactiques (UAS) en Bulgarie : Frontex a mené un projet pilote couvrant une zone de 8 100 km² pour tester une combinaison de drones à longue endurance (détection et suivi sur de vastes étendues) et à courte endurance (réaction rapide et identification à courte portée). Les données issues des capteurs ont été fusionnées dans une station de commandement pour générer une image opérationnelle commune (Common Operational Picture - COP) locale, réduisant les délais de réaction indépendamment d'infrastructures fixes.
    • Systèmes anti-drones (C-UAS) au Portugal : Après avoir évalué les capacités de détection et de suivi en Estonie en 2023, Frontex a testé en 2025 les capacités de neutralisation dans une zone militaire contrôlée. Quatre fournisseurs sélectionnés ont été confrontés à une équipe d'intrus (Red Team). Ces essais ont démontré l'efficacité des solutions face à des attaques hybrides de faible intensité à proximité d'infrastructures critiques ou en milieu urbain, tout en soulignant la nécessité d'adapter les règles d'engagement (rules of engagement) et le cadre juridique européen concernant la neutralisation de drones.
    • Suivi par satellite Galileo en Roumanie : En partenariat avec l'agence spatiale européenne EUSPA, le projet Galileo Tracking Demonstrator a évalué l'apport du système de navigation par satellite Galileo pour améliorer le positionnement, le suivi en temps réel et l'authentification sécurisée des patrouilles et véhicules déployés.
  • Jumeau numérique ( Digital Twin ) et concours Copernicus Prize : 
    • Modélisation numérique des frontières : Dans le cadre du concours Copernicus Prize, Frontex a lancé le développement d'une réplique numérique (Digital Twin) des zones frontalières de l'UE.
    • Démonstrations en Roumanie (DEMODAYS) : En mai et juin 2025, les entreprises finalistes ont combiné des images satellitaires Copernicus, des données en source ouverte et des capteurs tactiques au sol (drones, robots). Deux scénarios critiques ont été simulés : un gel hivernal (permettant le franchissement à pied du Danube pris par les glaces) et une poussée de végétation printanière (masquant le terrain). Les résultats probants ouvrent la voie à la planification d'un jumeau numérique complet dès 2026 pour conduire des exercices et optimiser le positionnement des moyens de surveillance.
  • Création du Centre d'Innovation et de Technologie de Frontex (FIT Centre) : 
    • Ancrage institutionnel : L'agence a finalisé la conception spatiale et l'aménagement du futur Frontex Innovation and Technology Centre (FIT Centre) au sein de son nouveau siège permanent.
    • Clusters et espaces virtuels : Frontex a établi un cluster dédié aux systèmes UAS et C-UAS au sein de l'UE Innovation Hub et développé le concept d'espace virtuel d'innovation (VS4FIT).
  • Subventions de recherche et programme Horizon Europe : 
    • Grants de recherche : Six subventions de recherche ont été attribuées à des consortiums académiques et industriels (projets MANTLE, BSENSED, iS4ASV, SEAVISTA, CANOPER-1, AIM-GATE).
    • Conseil et études : L'agence a évalué six propositions de projets dans le cadre du programme Horizon Europe et publié cinq études spécialisées (notamment sur les technologies d'entraînement à l'usage de la force et les capteurs déployables).


6. Encadrement de l'usage de la force et droits fondamentaux 

  • Mécanismes de contrôle et supervision par le Bureau des droits fondamentaux (FRO) : 
    • Analyse des incidents (Annexe XII) : En 2025, l'équipe spécialisée du FRO a restructuré le suivi du mécanisme d'usage de la force et analysé 131 rapports d'information, dont 83 rapports d'incidents impliquant l'usage présumé de la force (Incidents involving Use of Force - IFR).
    • Missions de contrôle et sensibilisation sur le terrain : Le FRO a mené des visites thématiques lors des opérations conjointes en Bulgarie et en Grèce. À Samos, des ateliers de sensibilisation ont été dispensés aux agents sur l'encadrement juridique de l'usage de la force, le droit maritime et la prise en charge des personnes vulnérables.
    • Avis stratégiques du FRO : Deux avis formels (FRO Opinions) ont été préparés par le FRO pour moderniser les formulaires de signalement d'usage de la force et renforcer l'indépendance et la rapidité du mécanisme de supervision.
    • Signalements d'incidents graves (SIR) et plaintes : Sur 204 incidents potentiels évalués (PSIs), le FRO a formellement ouvert 47 Rapports d'incidents graves (SIR) en 2025. Une seule plainte concernant un usage présumé de la force par un agent a été enregistrée et déclarée inadmissible (déposée par un tiers non habilité).
  • Formations obligatoires à l'usage de la force et habilitations d'armes : 
    • 830 agents statutaires du Corps permanent (Catégorie 1) ont suivi et validé avec succès la formation annuelle obligatoire sur l'usage de la force répartie sur 24 sessions dans des académies partenaires (Bulgarie, Croatie, Italie, Lituanie, Norvège). Taux de satisfaction : 97 %.
    • Surveillance par les contrôleurs (FROM) : 14 sessions de formation ont été directement observées par des contrôleurs des droits fondamentaux (FROM) pour s'assurer de l'intégration continue des garanties juridiques et éthiques.
    • Suspension des autorisations d'armes : En application de la réglementation, l'autorisation de porter une arme a été suspendue pour 26 agents statutaires de Catégorie 1 n'ayant pas pu suivre la formation annuelle (pour raisons médicales ou absences prolongées).
    • Exercices pilotes et formateurs : Deux exercices pratiques sur le terrain ont été organisés à Timisoara (Roumanie - maniement des armes) et à Berlin (avec la police fédérale allemande - techniques de maîtrise lors des opérations de retour). De plus, 10 nouveaux instructeurs de tir de Catégorie 1 ont été certifiés.
  • Bilan disciplinaire : Aucune sanction disciplinaire liée à l'usage de la force n'a été enregistrée au cours de l'année 2025.


Synthèse du texte par Pierre Berthelet