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mardi 13 juillet 2021

Désinformation, menaces criminelles et prévention des risques: les ministres de l’Intérieur tirent les leçon de la crise Covid et préparent les futures crises majeures

 



Il est temps de dresser le bilan de la crise sanitaire et de préparer un avenir qui s’annonce incertain.
Le constat dressé dans les conclusions des 27 ministres de l’Intérieur est que la crise actuelle et des crises perturbatrices similaires à venir engendrent des problèmes de sécurité systémiques et mettent au jour des vulnérabilités.
Or, en cas de crise majeure, la coopération transfrontière doit fonctionner mieux et plus efficacement. Dès lors, ces conclusions énoncent une série de mesures pour renforcer cette coopération et surtout faire en sorte de rendre les sociétés européennes plus résilientes face aux pandémies et autres crises à venir.



Favoriser l’échange d’information en cas de crises majeures

Les ministres de l’Intérieur rappellent et l'échange en temps utile d'informations sont essentiels en situation de crise.
Les mécanismes de coopération d'urgence en matière répressive doivent être activés rapidement pour rehausser le niveau de préparation et assurer une réaction immédiate.

Ils encouragent Europol à soutenir les États membres par l'échange d'informations lors de situations de crise.
Il s’agit de fournir une aide dans le cadre d'opérations transfrontières visant à prévenir le terrorisme et la criminalité organisée lors de situations qui portent préjudice à la sécurité intérieure de l'UE.

Faciliter la communication en situation de crise

Les ministres de l’Intérieur mettent l'accent sur la nécessité de partager des informations
opérationnelles et des informations sensibles en situation de crise.
Il s’agit d’assurer la continuité des travaux en cours dans les affaires et les enquêtes transfrontières.
L’expérience récente a renforcé la détermination à élaborer des solutions de communication sécurisée à même de remplacer les contacts physiques.

Les ministres de l’Intérieur soulignent aussi la nécessité que la Commission aide le groupe restreint d'Europol sur les communications sécurisées ainsi que le laboratoire de l'innovation.
Ces deux organismes ont pour mission de mettre en œuvre la feuille de route sur les nouvelles solutions de communication sécurisée approuvée par le Comité de sécurité intérieure (COSI).

Il s’agit de mettre en place un instrument commun, résilient, interopérable et sécurisé pour les outils de communication et de visioconférence (vidéo, audio et messages instantanés) dans le cadre de la coopération européenne en matière répressive.
Ces outils de communication sécurisée pourraient être utilisés pour :

  • planifier et coordonner des opérations conjointes,
  • échanger des informations confidentielles et sensibles dans les situations de crise entre les services répressifs des États membres (et avec les agences de l'UE).


Favoriser la détection des menaces criminelles

Le Conseil note que le partage de connaissances et d'informations conduit à la détection des menaces et des tendances en matière de criminalité émanant d'organisations criminelles.
Or ce partage revêt une importance cruciale pour la prise de décision éclairée et stratégique quant à la manière d'aborder et d'anticiper les évolutions futures des réseaux criminels.
Aussi, il salue l'élaboration par Europol :

  • de rapports d'analyse sur les tendances et les menaces en matière de criminalité,
  • d'évaluation des risques dans le cadre de la pandémie actuelle.


Le Conseil demande à Europol de considérer qu'il s'agit d'une bonne pratique à prendre en compte lors de crises futures.
Il souligne par ailleurs la nécessité de prévenir l'infiltration de réseaux criminels dans la mise en œuvre du plan de relance Next Generation EU.

L'échange d'informations en temps utile est essentiel est à cet égard essentiel. Cet échange porte en particulier sur les enquêtes en cours en matière de fraude, les risques, les menaces, les méthodes et les modèles de fraude. Il a lieu entre les agences de l'UE, en particulier Europol,  l'OLAF et le Parquet européen, et les États membres.


Parvenir à un meilleur état de préparation

Les ministres de l’Intérieur recommandent aux États membres de coopérer entre eux, en partageant un soutien technique. C’est le cas des experts en matière de répression et des équipements et systèmes de communication dans les situations de crise.
Ils encouragent notamment les États membres à recenser des solutions pratiques destinées à prévenir les obstacles à une coopération stratégique, opérationnelle et tactique transfrontière en matière répressive. C’est le cas lorsque les déplacements entre États membres sont limités en raison des mesures de restriction.

Ils invitent le Collège européen de police (CEPOL) et les États membres, avec un soutien financier de l'UE, à élaborer des formations et des exercices pratiques fondés sur des scénarios entre les services répressifs.
Ces formations et exercices incluent le cas échéant d'autres parties prenantes, telles que les acteurs de la protection civile, les services médicaux d'urgence et les autorités locale.

Assurer une meilleure prévention des crises

Le Conseil de l’UE encourage la Commission européenne à soutenir les États membres dans la prévention des crises touchant un ou plusieurs États membres. Cette action doit adopter une approche résiliente et souple, être effectuée dans le cadre de l'IPCR et englober des agences
de l'UE telles qu'Europol.

Le Conseil invite la Commission à contribuer à l'amélioration des mécanismes de coopération et existants en réaction à des crises majeures telles que la pandémie actuelle.
C’est le cas de la plateforme d'experts Europol (EPE) vROOM.
Il s’agit de favoriser la coopération stratégique et opérationnelle ainsi que de partager les bonnes pratiques.

Contrer les campagnes de désinformation

Les ministres de l’Intérieur constatent la nécessité de prévenir et de combattre la prolifération de mouvements négationnistes.
Ces mouvements diffusent de la mésinformation sur la COVID-19 et des discours de haine, en particulier dans les médias sociaux.

Ils recommandent aux États membres d'élaborer et de promouvoir des campagnes d'information et de sensibilisation à l'intention de leurs citoyens.
Ces campagnes doivent tirer parti de leur propre expertise et de celle du Réseau européen de prévention de la criminalité (REPC), d'Europol et des réseaux des services répressifs. Il s’agit de prévenir :

  • les conséquences négatives des activités de cybercriminalité ;
  • la mésinformation et les discours de haine.


Se concentrer sur les victimes

Pour les ministres, une attention particulière devrait être accordée à la manière de protéger les enfants en ligne et d'atténuer le risque qu'ils soient victimes d'organisations criminelles.
En outre, les ministres de l’Intérieur encouragent les États membres à mettre en commun leurs bonnes pratiques au sein du Réseau européen de prévention de la criminalité (REPC) sur les stratégies nationales et locales.
Il s’agit des stratégies qui améliorent les canaux de signalement à l'intention des victimes de la criminalité, tels que la violence domestique et les abus sexuels.

Le but est de faciliter les contacts avec les services répressifs lors de situations de confinement et de crise.
Une telle coopération pourrait également contribuer à l'approfondissement de partenariats et à l'amélioration des interactions entre les services répressifs, la société civile et les victimes de la criminalité.

synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr


 

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mardi 6 juillet 2021

L’Innovation lab d’Europol à la rescousse pour contrer l'exploitation de la crise par les groupes extrémistes violents

 


Un constat s’impose, l'extrémisme violent se développe actuellement. Qu’il soit d'extrême-gauche, d'extrême-droite et ou islamiste, il se propage en ligne de manière inquiétante. Face à la menace, les ministres de l’Intérieur ont approuvé des conclusions visant à faire en sorte que les services nationaux spécialisés disposent des moyens leur permettant de réagir de manière efficace. Le pôle d'innovation d’Europol, comme observatoire de l'évolution des nouvelles technologies, fait partie des mesures identifiées à ce sujet.


L’incidence de la crise sur le terrorisme et l'extrémisme violent

Le Conseil de l'Union européenne estime que la menace terroriste à laquelle sont exposés les États membres, bien qu'elle reste élevée, n'a pas encore augmenté en raison de la pandémie de COVID-19.
Toutefois, certaines activités terroristes sont menées davantage en ligne et une radicalisation accrue est déjà perceptible au sein de certains groupes.
La pandémie de COVD-19 a vu se développer la désinformation et les mouvements violents niant l'existence du coronavirus, ainsi que des possibilités technologiques actuelles telles que celles liées à l'intelligence artificielle.


Le Conseil considère également qu'à moyen et à long terme, les conséquences socioéconomiques de la pandémie de COVID-19 pourraient avoir une incidence négative sur les menaces de terrorisme et d'extrémisme violent. Cette situation est de nature à contribuer au développement de terrains propices à la radicalisation sur différents spectres idéologiques.

La crise, un terreau favorable à la radicalisation

Selon le Conseil, il est probable, à moyen et à long terme, que la pandémie et ses conséquences socioéconomiques puissent se révéler être un terrain propice aux discours extrémistes (pour diverses idéologies).
À cet égard, il convient de noter que des groupes extrémistes d'extrême-gauche, d'extrême-droite et islamistes ont déjà intégré la COVID-19 dans leurs discours.
D'autres considérations sont liées à l'incertitude et à l'anxiété  engendrées par la pandémie, ainsi qu'au fait que davantage de temps est passé en ligne, ce qui peut accroître la vulnérabilité aux discours extrémistes violents.


Le Conseil reconnaît également que certaines franges violentes de mouvements et de groupes niant l'existence du coronavirus, s'opposent aux mesures gouvernementales visant à endiguer la propagation de la COVID-19. Or, ces franges attirent des extrémistes issus de différents milieux idéologiques.

Elles pourraient, à terme, poser des problèmes de sécurité en raison de leur capacité potentielle à commettre des actes violents et, par conséquent, en fonction de leur évolution, des efforts supplémentaires pourraient s'avérer nécessaires pour y faire face.

La nécessité d’agir face à l’extrémisme en ligne

Le Conseil souligne que le rôle de la dimension en ligne s'est accru depuis le début de la pandémie. Certaines menaces terroristes et extrémistes évoluent de plus en plus d'un environnement physique à un environnement en ligne (par exemple, communications, financement, propagande, radicalisation, recrutement, etc). Elles utilisent plus amplement un éventail plus large de nouvelles technologies et de nouveaux outils (cryptomonnaies, applications cryptées, sites web décentralisés 3.0, etc.).


Le Conseil prend acte du travail déjà accompli dans les États membres, visant  à actualiser en  permanence la compréhension et l'évaluation de la dimension en ligne de la menace de terrorisme et d'extrémisme violent.
Le Conseil est conscient que les autorités chargées de la lutte contre le terrorisme et de la lutte contre l'extrémisme violent ont dû s'adapter aux contraintes imposées par la pandémie de COVID-19 et s'appuyer de plus en plus sur des capacités (sûres et efficaces) en ligne.
Les autorités chargées de la lutte contre le terrorisme et de la lutte contre l'extrémisme violent ont déjà dû avoir davantage recours à la modalité en ligne pour leurs activités quotidiennes.

Mieux comprendre l'exploitation de la crise par les groupes extrémistes violents


Le Conseil invite les États membres à contribuer en permanence à la compréhension de la dimension en ligne de la menace de terrorisme et d'extrémisme violent.
Cette évaluation sur une base volontaire en fournissant des informations aux organes de l'UE.

Dans ce contexte, l'INTCEN et Europol devraient continuer d'approfondir leur évaluation de l'impact de la pandémie sur les opérations terroristes et les tentatives éventuelles d'exploitation de la crise actuelle par des organisations terroristes et des groupes extrémistes violents.



L’urgence d'agir avec l’appui des dernières solutions technologiques disponibles


Le Conseil invite :

  • les États membres à donner rapidement effet aux dispositions du règlement visant à lutter contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne,
  • la Commission et l'unité de l'UE chargée du signalement des contenus sur Internet à apporter un soutien continu aux États membres grâce à leur expertise technique et opérationnelle.


Le Conseil souligne que l'influence des algorithmes et leur rôle dans la promotion de la radicalisation et de l'extrémisme violent sont un autre point essentiel qui mérite une attention particulière.
Aussi, il encourage les efforts menés pour prévenir :

  • tout type de propagande extrémiste et terroriste illégale,
  • l'incitation à la violence et le financement illégal des discours haineux et de l'extrémisme violent,


Le Conseil souligne l'importante contribution que les services intermédiaires des fournisseurs de services internet peuvent apporter dans la lutte contre les contenus illicites et leur amplification.
L’effort doit porter sur la législation sur les services numériques actuellement en cours d'examen.

Le Conseil note également qu'il convient d'accorder une attention accrue aux :

  • menaces émergentes et aux risques pour la sécurité,
  • possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Il souligne le rôle du pôle d'innovation de l'UE en tant qu'observatoire de l'évolution des nouvelles technologiques et moteur de l'innovation.
Cet observatoire doit élaborer des solutions techniques standard pour les États membres dans le domaine de la sécurité intérieure.

synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr


 

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mercredi 30 juin 2021

Terrorisme & Espaces publics : contre les drones et les attaques à la voiture bélier, l’Europe favorise le recours au local et l’usage de techniques de conception environnementale

 
 

 

L'arrestation d'un Allemand résidant en France tentant d'acheter un fusil d'assaut illustre la permanence de la menace terroriste. Quant à l'attaque au couteau à Würzburg en Bavière, faisant trois victimes, elle est la parfaite illustration de cette menace qui pèse sur les espaces publics. La récurrence des attentats terroristes perpétrés dans de tels espaces met en évidence la nécessité d'intensifier les efforts pour renforcer leur protection.

A ce propos, les 27 ministres de l’Intérieur viennent d’adopter lors de leu dernière réunion, un ensemble de recommandations pour prévenir et limiter les attaques dans les espaces publics. Y figurent une meilleure coopération interacteurs, une plus grande communication transfrontalière, l’usage des nouvelles technologies, une formation accrue et une législation européenne et nationale adaptée. Quelques points sont à noter comme le recours au "security by design", une action avant tout locale (avec le soutien de l’UE) et l'usage de techniques de conception environnementale.

D’où vient-on ?

 
Un plan d'action de 2017 visant à améliorer la protection des espaces publics a identifié des priorités.
Le programme de lutte antiterroriste pour l'UE adopté par la Commission le 9 décembre 2020, recense les actions clés en cours ou à entreprendre au niveau de l'UE en ce qui concerne le renforcement de la protection des espaces publics.



De quoi parle-t-on ? Une vulnérabilité des espaces publics

L’UE est en proie à une montée du terrorisme provoquée par l'extrémisme violent, quelle que soit sa motivation idéologique. Cette situation est une source de préoccupation croissante en ce qui concerne les espaces publics et notamment les lieux de culte.
Certains des modes opératoires utilisés dans les attentats terroristes perpétrés comprennent l'utilisation d'armes à feu et d'explosifs, ainsi que des armes de faible technologie facilement accessibles, telles que les armes blanches et les véhicules, en particulier des véhicules loués ou volés.


Or, les espaces publics sont vulnérables de par leur nature. C’est le cas des lieux de culte, les gares ferroviaires, des parcs publics, des zones commerciales, des sites touristiques, des universités et des écoles, des grands événements sportifs et culturels, des rassemblements de masse et les manifestations. Ils exigent dès lors une protection adéquate.

L’importance d’une approche globale

La protection des espaces publics doit reposer sur une approche globale et horizontale, liant les stratégies de l'UE et les stratégies nationales et locales pertinentes, ainsi que sur les partenariats public-privé.

Les services répressifs jouent un rôle fondamental dans la prévention des attentats terroristes, ainsi que dans la sécurité et la protection des espaces publics. Ils le font notamment par la coopération et les partenariats avec d'autres acteurs concernés, tels que les municipalités locales, les universités, les opérateurs privés et les communautés locales.

Les ministres du Conseil invitent dès lors :

  • à concevoir des projets concernant la protection des espaces publics et des lieux très fréquentés,
  • à créer des synergies entre les parties prenantes internationales et nationales, telles que les autorités régionales et locales, les services répressifs, les sociétés de sécurité privées et les entreprises privées.

Le but de coopérer et de partager des connaissances qui contribuent à réduire les risques et à améliorer l'utilisation de technologies intelligentes et sûres pour protéger les espaces publics.

Les ministres du Conseil recommandent également aux Etats membres d’organiser des exercices pratiques et des formations communes entre les autorités locales, les services répressifs, la protection civile, les urgences médicales, les entreprises privées, les sociétés de sécurité privées.


Favoriser des nouvelles initiatives et miser sur les réseaux

Les ministres du Conseil encouragent la Commission européenne à poursuivre les efforts entrepris en ce qui concerne le lancement et le financement d'initiatives. C’est le cas :

  • du Forum de l'UE pour la protection des espaces publics,
  • des programmes de formation et des projets au titre du Fonds pour la sécurité
  • intérieure du programme Horizon Europe.


Les ministres du Conseil recommandent que le Collège européen de police (CEPOL) et les réseaux de services répressifs, tiennent compte des objectifs stratégiques liés à la protection des espaces publics dans leurs programmes de formation et de travail.

Ces réseaux de services répressifs sont notamment ceux qui participent au Forum de praticiens de l'UE sur la protection des espaces publics (REPC, ATLAS, AIRPOL, RAILPOL, AQUAPOL, ENLETS, réseau de sécurité de l'UE pour la protection des espaces publics à haut risque).
Il s’agit ainsi de renforcer la cohérence et les synergies.

Permette une meilleure coordination des unités de police spéciales

Les ministres du Conseil soulignent l'importance que revêtent la résilience, l'élaboration de solutions de protection et le renforcement de la coopération et de l'assistance entre les services répressifs des Etats membres.
Il s’agit d’œuvrer avec le soutien d'Europol et du réseau ATLAS, pour faire face aux attentats terroristes et aux situations d'urgence complexes. Le but est de gérer les situations de crise :

  • en partageant des équipements, des technologies et des unités de police spéciales,
  • en fournissant un appui et une expertise techniques.
  • en renforçant la capacité du personnel de première intervention à détecter les comportements et objets suspects face à une situation de crise.



Faciliter le recours aux nouvelles technologies


Le Conseil de l’UE est conscient de l'importance que revêtent les nouvelles technologies pour protéger les espaces publics.
Ces nouvelles technologies favorisent la détection des menaces et l'analyse de grands ensembles de données.

Le Conseil de l’UE souligne l'importance que revêt la recherche et développement au niveau des Etats membres et de l'UE.
C’est le cas des futures initiatives du pôle d'innovation de l'UE pour la sécurité intérieure, pour concevoir des outils destinés à protéger les espaces publics.

Le Conseil demande instamment à Europol, via le laboratoire de l'innovation, de continuer d'explorer les technologies numériques et les contre-mesures à mettre en place contre les attentats terroristes dans les espaces publics. Cette recherche pourrait être axée sur :

  • le développement de techniques de détection d'explosifs,
  • la protection contre les véhicules aériens sans pilote,
  • la cybercriminalité grave et l'intelligence artificielle dans le cadre du traitement de grands ensembles de données.

Outre le partage utile et rapide d'informations opérationnelles avec les Etats membres, les résultats devraient être partagés de manière continue sous la forme de rapports annuels et au moyen de manuels sur la protection des espaces publics.
Ces documents contiennent des informations actualisées et des recommandations à l'intention des services répressifs.

Le Conseil recommande qu'Europol, l'agence ENISA et l'agence eu-LISA apportent un soutien aux Etats membres en ce qui concerne la prévention de la cybercriminalité grave et du sabotage des systèmes d'éclairage public, des communications mobiles et des systèmes de vidéosurveillance dans les systèmes publics.

Contrôler plus efficacement l’usage malveillant des drones

Les ministres de l’Intérieur :

  • soulignent l'importance que revêtent la recherche et le développement au sein du laboratoire d'innovation d'Europol pour renforcer la protection et développer des contremesures contre les véhicules aériens sans pilote (UAV) et leur utilisation combinée avec des armes à feu et des explosifs,
  • invitent les Etats membres à soutenir le programme européen lancé par la Commission pour l'essai de technologies de  lutte contre les systèmes aériens sans pilote (UAS) et le partage des bonnes pratiques en la matière.


Se concentrer sur la formation

Les ministres de l’Intérieur recommandent que le CEPOL continue de soutenir les programmes de formation des services répressifs de l'UE sur :

  • la sécurité et la protection des espaces publics et des cibles faciles,
  • la protection des infrastructures critiques,
  • la sécurité d'événements majeurs,
  • la détection des comportements suspects,
  • les menaces internes,
  • la détection de matériaux chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) /d'explosifs,
  • les contre-mesures et la protection contre les UAV et les tireurs actifs.


Axer sur une meilleure communication transfrontière

Le Conseil souligne l'importance que revêt une communication opérationnelle et interopérable à l'échelle de l'UE. Cette communication doit être sûre pour permettre aux services répressifs de même qu’aux autres praticiens de la sécurité de réagir de manière appropriée en cas de  coopération transfrontière en matière d'espaces publics.

Il invite les Etats membres à continuer de soutenir les initiatives de l'UE visant à améliorer les systèmes existants et les systèmes de communication interopérables à l'échelle de l'UE pour la sécurité publique.
C’est le cas du projet BroadWay réalisé dans le cadre du programme Horizon 2020.

Elaborer une législation nationale et européenne plus adaptée

Le Conseil de l’UE recommande que les Etats membres :

  • examinent leurs cadres juridiques nationaux en vue de restreindre le port non légitime d'armes blanches dans les espaces publics et lors de grands événements,
  • réfléchissent à l'élaboration de mesures de protection spécifiques en ce qui concerne les lieux de culte.

Il invite la Commission européenne à examiner les options existantes et les éventuelles initiatives futures pour renforcer davantage la protection au niveau de l'UE.

Le Conseil de l’UE :

  • encourage en particulier les Etats membres à définir des orientations destinées aux opérateurs de location de véhicules pour contrer le risque d'attaques menées à l'aide de véhicules ;
  • note l'intention de la Commission d'étudier les possibilités de fixer des obligations minimales pour les exploitants d'espaces publics.


Développer le "security by design"

Le Conseil de l’UE :

  • encourage les Etats membres à soutenir l'élaboration et la mise en œuvre de concepts de sécurité dès le stade de la conception dans les espaces publics;
  • invite les Etats membres à s'assurer que leur législation nationale contient des dispositions claires en ce qui concerne les responsabilités des personnes qui gèrent la sécurité des espaces publics,
  • recommande aux Etats membres de continuer à planifier et à organiser des exercices pratiques et des formations communes afin d'améliorer la préparation et la réaction des services répressifs et des services de première intervention.


Privilégier l’action locale


Le Conseil de l’UE souligne que les Etats membres devraient fournir :

  • des outils appropriés pour permettre aux autorités locales de procéder à une évaluation rigoureuse des risques et de la vulnérabilité,
  • des orientations sur les mesures de protection.

Quant aux réseaux de l'Union et les forums nationaux, ils doivent favoriser le partage des connaissances et des bonnes pratiques entre ces autorités.

Le Conseil de l’UE :

  • invite les Etats membres à sensibiliser les villes aux initiatives et forums existants de l'UE qui :
    • facilitent l'échange des bonnes pratiques,
    • soutiennent des projets menés au niveau local,
  • invite la Commission à lancer l'engagement de l'UE en faveur de la sécurité et de la résilience urbaines annoncé dans le programme de lutte antiterroriste pour l'UE de 2020;
  • encourage les Etats membres à intégrer la prévention de la criminalité par les techniques de conception environnementale au niveau local.

Il s’agit de le faire au moyen de partenariats et de projets public-privé. Ces techniques de conception environnementale portent sur la prévention:

  • des attaques au véhicule-bélier,
  • des explosions,
  • des matériaux CBRN,
  • des engins incendiaires improvisés,
  • des tireurs actifs.


synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr


 

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jeudi 24 juin 2021

Euro de football et coopération policière : pour lutter violences sportives, il faut miser sur la surveillance des réseaux sociaux, les physionomistes et l’intelligence artificielle

 


La match France-Hongrie l'a mis en évidence: le sport n'est pas à l'abri de la violence et de la haine. L’équipe de France a été la cible d'insultes racistes de la part de supporters hongrois. C'est dans le contexte de l'Euro de football que sont prises une série de mesures sont prises pour prévenir la violence liée au sport et pour lutter contre le racisme, la xénophobie et l'extrémisme parmi les supporters. Le 27 ministres de l'Intérieur de l’UE ont approuvé des conclusions ce mois-ci à cet effet qui préconise notamment un meilleur partage du renseignement, une collaboration entre experts internationaux et une réforme des "points d’information football".


L’enjeu : endiguer les violences liées au sport

L'Union européenne accueille souvent et de façon répétée de nombreux grands événements sportifs revêtant une dimension internationale, parmi lesquels la Ligue des champions de l'UEFA et le championnat d'Europe de football de l'UEFA qui constituent des manifestations à la fois populaires et importantes du sport mondial.

Le nouveau modèle choisi par l'UEFA pour le prochain championnat d'Europe (juin-juillet 2021) représente, en soi, un défi sans précédent en matière de sécurité, étant donné que la compétition se déroulera simultanément dans onze villes européennes.

Or, plusieurs cas de violences liées au sport impliquant des supporters à risque qui sont survenus dans un certain nombre de pays européens. Pour les ministres, il faut prévenir et atténuer les incidents potentiellement dangereux.

Il importe donc de protéger les espaces publics lors de grandes manifestations sportives et d'assurer la protection des espaces privés ouverts au public.

Le Conseil insiste sur l'importance de la coopération policière internationale et de l'échange d'informations pour assurer la sécurité et la sûreté de l'EURO 2020 de l'UEFA, y compris au moyen de plateformes numériques, d'autant plus que les rencontres prévues auront lieu dans un grand nombre de villes européennes,


L’importance d’une approche globale 

A la lumière de ces cas de violences liées au sport, le Conseil préconise de garantir la sécurité globale des grands événements sportifs. Il est essentiel d'aborder cette question non seulement dans les stades sportifs et d'autres installations sportives, mais également dans le cadre d'autres activités liées à ce phénomène.

Par conséquent, afin de prévenir et d'atténuer ces incidents potentiellement dangereux, le Conseil estime qu’il faut aborder cette question selon une approche globale. 

Le champ d'application des mesures préventives devrait être élargi de manière à couvrir des lieux autres que les installations sportives, qui attirent un grand nombre de supporters et peuvent donc représenter un risque en matière de sécurité. 

À cet égard, le Conseil juge capital de mettre en place des mesures de prévention policière dans des lieux tels que :

  • les transports publics, 
  • les aéroports,
  • les hôtels, 
  • les centres de formation, 
  • les lieux utilisés par les équipes et les arbitres, 
  • les quartiers de vie nocturne et autres espaces publics.


Cette sécurité globale passe, notamment par :

  • la mise en œuvre de concepts de sécurité dès le stade de la conception ;
  • l'utilisation de systèmes de surveillance et de détection faisant appel à l'intelligence artificielle.


Une priorité : lutter contre les extrémistes

Le Conseil estime les États membres doivent évaluer davantage les risques que présentent les supporters à risque, en particulier ceux qui adhèrent à des idéologies extrémistes. 

Il s’agit de repérer, de prévenir et de limiter les éventuelles activités hostiles et criminelles lors de manifestations sportives internationales. 

Le Conseil les États membres, par l'intermédiaire de leurs services répressifs, à continuer de surveiller les contenus en ligne afin d’endiguer la diffusion de messages incitant à la violence, à l'extrémisme, à la radicalisation et à la xénophobie.


Le rôle central des physionomistes


Le Conseil estime qu’il crucial de surveiller les mouvements de supporters à risque (c'est-à-dire potentiellement problématiques) dans les États membres afin de prévenir les troubles à l'ordre public.

Aussi le Conseil préconise le déploiement de physionomistes spécialisés en matière répressive, même si un événement sportif se déroule en l'absence de public.

Pour assurer une coopération internationale efficace, les États membres qui reçoivent l'assistance de physionomistes envoyés par d'autres États membres devraient à cet égard, préciser l'ampleur et la composition requises de ces déploiements, ainsi que les procédures applicables. 


L’importance des réseaux d’experts


Le Conseil estime qu’il faut renforcer la coopération entre les services répressifs et les réseaux de l'UE et les groupes d'experts du Conseil de l'Europe.

Dans le cadre de la coopération policière transfrontière, il s’engage à renforcer les groupes de travail d'experts qui possèdent l'expertise policière requise au sein de l'Union européenne dans le contexte de la violence et de l'extrémisme liés au sport. Il s’engage également à soutenir l’action de ces groupes à l'échelle mondiale dès lors qu'il s'agit de grands événements sportifs, en coopération avec Interpol.


Stimuler le rôle des « Points nationaux d’information football »


Le Conseil insiste sur l'importance du rôle que jouent les PNIF, qui sont des points de contact direct essentiels pour l'échange d'informations policières. 

Ils visent à faciliter la coopération policière internationale en rapport avec les matches de football revêtant une dimension internationale. La Commission européenne soutient le réseau des PNIF au moyen du projet "NFIP Network: Event Policing & International Cooperation EURO 2020".

Le Conseil rappelle aux États membres de veiller à ce que leur PNIF dispose de ressources suffisantes pour s'acquitter des tâches qui lui sont assignées.

Selon les praticiens, la décision qui instaure les PNIF, la décision de 2002 du Conseil, doit faire l'objet d'une mise à jour. Elle doit être adaptée pour tenir compte des meilleures pratiques et des approches policières actuelles. En conséquence, le Conseil invite la Commission à étudier la possibilité de présenter une proposition législative à cette fin.


Elaborer des rapports de sécurité et d'évaluation de la menace


Le Conseil demande

  • le réseau des PNIF, avec le concours d'Europol, établisse et présente un rapport annuel sur l'évaluation de la menace et la violence liée aux événements sportifs.
  • que soit établi une évaluation et un rapport finals concernant la rencontre. Il s’agit de les distribuer auprès des parties prenantes concernées, par l'intermédiaire des points nationaux d'information "football" et de la plateforme d'experts Europol créée à cet effet. Le rapport devrait porter principalement sur les questions liées à la sécurité publique et alimenter un débat sur les problèmes de sécurité relevés, y compris les difficultés imputables à la COVID-19.



synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr


 

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