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lundi 22 septembre 2014

"Horizon 2020" : des centaines de millions d’euros pour la sécurité intérieure


0, 4 milliard d’euros pour la période 2014-2015. C'est ce que prévoit le programme Horizon 2020 en faveur de la sécurité.
Horizon 2020, doté d'une enveloppe globale de 77 milliards d'euros, est un programme financier couvrant la période 2014-2020. Il prend la relève du 7e Programme Cadre de recherche.  Le volet "sécurité" (SC7 Secure societies) de ce programme, dont le programme de travail 2014-2015 est disponible, s'inscrit en complémentarité du Fonds européen pour la sécurité intérieure (à lire sur securiteinterieure.fr : Fonds européen pour la sécurité intérieure : 1 milliard d’euros pour lutter contre la criminalité, dont 70 millions pour la France).

L’un des volets de ce programme est  donc destiné à financer les actions réalisées dans le cadre de la recherche et de l'innovation en matière de sécurité. Il vise plus précisément à soutenir les politiques de l'Union en matière de sécurité intérieure et extérieure ainsi que dans le domaine de la cybersécurité (à lire sur securiteinterieure.fr Des rapports entre l’Union européenne et l’industrie de la sécurité au beau fixe et Une veille européenne des technologies de sécurité pour la politique de recherche et industrielle et Un plan d'action européen pour rendre le secteur de la sécurité plus compétitif).

NB : le chiffre de 400 millions d’euros est tiré du bilan figurant à la p. 111 du programme de travail 2014-2015.

Un monde dangereux

D’après le règlement instituant le programme, l'objectif est de promouvoir des sociétés européennes sûres dans un contexte de transformations sans précédent et d'interdépendances et de menaces mondiales croissantes, tout en renforçant la culture européenne de liberté et de justice. Dans l’annexe, il est dit que la vulnérabilité de l’Europe perdure dans un contexte de mondialisation sans cesse croissante dans lequel les sociétés font face à des menaces et à des défis pour la sécurité qui gagnent en ampleur et en complexité.
Les citoyens sont de plus en plus affectés par de nombreuses formes d'insécurité, qu'elles soient dues à la criminalité, à la violence, au terrorisme, aux catastrophes naturelles/d'origine humaine, aux cyberattaques ou aux atteintes à la vie privée, ou à d'autres formes de désordres sociaux et économiques.

D'après les estimations, jusqu'à 75 millions de personnes seraient chaque année directement victimes de la criminalité en Europe. Les coûts directs de la criminalité, du terrorisme, des activités illégales, de la violence et des catastrophes en Europe ont été évalués à au moins 650 milliards d'euros en 2010 (soit environ 5 % du PIB de l'Union). Quant au terrorisme, il a eu des conséquences irréparables dans plusieurs régions d'Europe et dans le monde, en ayant provoqué la mort de très nombreuses personnes et entraîné de lourdes pertes économiques. Il a également eu des répercussions culturelles et importantes au niveau mondial.

Pour ce qui est du développement de l'internet, ce dernier a entraîné un accroissement de la cybercriminalité, qui représente des milliards d'euros chaque année, et son lot de cyberattaques contre des infrastructures critiques et d'atteintes à la vie privée, qui affectent les individus ou les entités sur l'ensemble du continent. Les changements liés à la nature et à la perception de l'insécurité, au jour le jour, ne peuvent qu'entamer la confiance des citoyens à l'égard non seulement des institutions, mais aussi de leurs semblables.

Des solutions fondées sur l’anticipation et la gestion  des menaces

Afin d'anticiper, de prévenir et de gérer ces menaces, le programme juge nécessaire de comprendre les causes, de concevoir et de mettre en œuvre des technologies, des solutions, des outils de prospection et des connaissances innovants. Il convient d'intensifier la coopération entre fournisseurs et utilisateurs. Il importe aussi de trouver des solutions en matière de sécurité civile. Il faut enfin améliorer la compétitivité du secteur européen de la sécurité et des services qu'il propose, notamment en matière des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

1er volet : la lutte contre l’insécurité et la gestion de l’ordre public

Le programme se donne pour objectif de réduire le sentiment d’insécurité en ville. Il entend se pencher sur les facteurs affectant la perception de l’(in) sécurité, qu’elle soit personnelle ou qu’elle ait lieu dans le cadre de groupes spontanés et plus structurés. Cette action vise à recueillir et à analyser des données permettant d'évaluer les éléments qui influencent cette perception.

Le projet de recherche se concentre sur le développement de solutions technologiques innovantes pour la sécurité urbaine. Il est question de réduire le sentiment d’insécurité et d'améliorer la perception des habitants en matière de sécurité de grands environnements urbains.

Une attention particulière devrait être accordée aux plateformes technologiques permettant aux citoyens de partager des informations et des expériences en temps réel, et de recevoir des alertes.
De fortes synergies sont attendues dans les domaines de la cartographie 3D, les services de géopositionnement, et des technologies de modélisation de l'environnement, de simulation et de visualisation.

Le programme entend identifier et recenser les meilleures pratiques en matière de coopération entre la police et les citoyens. Les efforts devraient se concentrer sur la community policing . Ce concept doit être analysé comme un système visant à faciliter le partage d'informations et le renforcement de la confiance.
À cette fin, le projet de recherche doit prendre en compte la dimension virtuelle de la community policing (c’est-à-dire l'interaction entre les citoyens et les agents de police à travers les sites de réseaux sociaux) et analyser ses dimensions sociales, culturelles, juridiques et éthiques sous-jacentes.
Le projet entend développer une technologie (par exemple, l'application de smartphones) qui facilitera la communication en permettant de signaler immédiatement un fait à la police. L’objectif est une intervention plus rapide, une meilleure identification des délits et une dénonciation plus facile d’actes criminels jusque là non déclarés.

En matière de gestion de l’ordre public, les tactiques de maintien de l’ordre basées sur le confinement et la dispersion par la force pourraient être remplacées par des tactiques selon lesquelles un ou plusieurs éléments perturbateurs sont éliminés avec une grande précision tout en opérant une intrusion minimale au sein de la foule.
Le programme vise à financer des recherches pour identifier, tester et évaluer de nouveaux moyens pour protéger les personnes (comme le son, l'odeur, la communication) dans un environnement dégradé tel qu’une foule agressive ou des émeutes.
Enfin, le programme entend développer de nouveaux systèmes de surveillance et de capteurs miniaturisés destinés à améliorer de collecte de preuves.
Il s’agit de mettre au point des équipements et des canaux de communication dans le contexte d’opérations menées par les services de sécurité.

2e volet : la lutte anti-terroriste

Le programme vise à déterminer et à analyser les principaux facteurs constitutifs d'un processus de radicalisation violente (y compris la famille et l'environnement social, les facteurs psychologiques, la religion et l'idéologie, l'internet et les médias sociaux, socio-économique et les facteurs politiques), et les conditions qui peuvent conduire une personne à se livrer à une action violente.

Les résultats de l'action proposée ont pour but de contribuer à la détection précoce des personnes ayant fait l’objet d’un processus de radicalisation violente.
Il s’agit de faire la lumière sur les processus ayant conduit à cette radicalisation. Le but est de sensibiliser les professionnels de la sécurité sur de possibles indicateurs précoces pouvant permettre une détection rapide de menaces internes à des infrastructures critiques.

Le risque de menace interne correspond à des membres de son personnel ou à des personnes tierces ayant connaissance de la  sécurité de l'infrastructure ou bénéficiant de droits d'accès à certains éléments clés (par exemple, qui sont en possession de données informatiques). 
Or, une menace de sabotage par ce type de personnes est particulièrement difficile à identifier en temps opportun.

En outre, le programme vise à développer :
  • des techniques de renseignement pour identifier les individus ou les groupes qui préparent une attaque;
  • la neutralisation de certains précurseurs connus;
  • la détection de produits chimiques spécifiques, d’ateliers de confection de bombes et de dispositifs explosifs  actionnés dans un flux de véhicules ou de  personnes.

3e volet : la protection civile


Comme les forces de police, les organismes de sécurité civile et les opérateurs d'infrastructures critiques dans l'UE sont constamment confrontés à de nouveaux défis, il entend mettre au point de nouvelles techniques en matière de simulation afin de former et d’entraîner des hommes, en abordant de façon dynamique des menaces physiques et les cyber-attaques.

De surcroît, une détection rapide de l'exposition (ou de la contamination) par des substances CBRN - chimique-biologique-radiologique-nucléaire (y compris les toxines) par identification rapide des personnes exposées est essentielle pour gagner du temps dans le tri des victimes en cas d'accident ou d'attaque terroriste. L'objectif du programme est donc d'intégrer des outils et des procédures existantes.

Il est question aussi de développer de nouvelles techniques en vue de déterminer rapidement (en cas d'accident ou attentat terroriste), si les victimes ont été exposées ou contaminées (par un agent CBRN).
Il s’agit de définir le niveau d’exposition (ou de contamination). Le but est de développer une méthode de décontamination, de traitement et de suivi médical en fonction du niveau d’exposition (ou de contamination).

 Le programme entend mettre au point un nouveau système intégré, interopérable et centralisé pour améliorer le tri et le suivi des victimes, y compris en matière de réduction des risques de contamination croisée entre les victimes contaminées (et non contaminées).
Par ailleurs, le programme entend mener une approche globale européenne en matière de sécurité basée sur la capitalisation des connaissances existantes au niveau national et européen afin d’aider à la mise en œuvre de solutions en matière de prise de décision dans le domaine de la protection civile.  
Les propositions doivent préparer le terrain pour des achats publics avant commercialisatioon (Pre Commercial public Procurement, PCP), en vue de tester des moyens de protection et  d'intervention (par exemple, une aide de première urgence).
 Ces moyens portent notamment sur les équipements (par exemple, des tentes, des équipements de secours ou encore un système aérien piloté à distance (RPAS)).

Il s’agit de définir des solutions plus rentables et plus interopérables. L’idée est de créer un réseau d'acheteurs potentiels et de lancer un débat concret sur les besoins de la population à moyen et long terme qui nécessiteraient le développement de nouvelles solutions technologiques en matière de protection civile.

4e volet : la coopération douanière

Les douanes des États membres sont confrontées à la difficulté de lutter contre la contrebande concernant les grands volumes de fret. Jusqu'à présent, la technologie était basée sur l’usage de rayon X.
La recherche devrait s’orienter vers de nouvelles options, notamment deux technologies différentes :
  • l’usage de procédés fondés sur la propriété atomique, en particulier pour détecter des menaces au sein de cargaisons denses;
  • l’usage de procédés fondés sur l’évaporation (par exemple la spectrométrie de masse, la détection biologique, spectrométrie de mobilité ionique).

5e volet : la gestion des frontières

Des études montrent que, dans une perspective à long terme, l’activité de la gestion des frontières restera une capacité critique. En effet, compte tenu de la hausse des flux transfrontaliers attendus, cette activité sera mise en tension au sens où il faudra faciliter les passages légitimes à la frontière, tout en détectant et en prévenant les activités illicites.

Le programme vise à analyser les facteurs psychologiques susceptibles d’affecter l'exécution des tâches principales de la police aux frontières. Il s’agit de développer une stratégie pour améliorer la performance.
La recherche devrait aider à identifier les tâches liées au contrôle des frontières qui pourraient être menées de manière plus automatisée, et les tâches pour lesquelles le facteur humain est indispensable.
Cette recherche contribuera à la mise en œuvre de l'initiative sur les frontières intelligentes. Elle consiste en un renforcement des contrôles, tout en permettant l’accélération du franchissement des frontières pour les voyageurs réguliers.

synthèse du règlement par securiteinterieure.fr



A lire également sur le site de l'Union européenne :


A lire aussi sur le site de l'Etat français :

schéma de pilotage du dispositif français

 (cliquez sur l'image pour agrandir)


A lire par ailleurs sur securiteinterieure.fr:


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jeudi 29 décembre 2011

Les travaux d'Hercule de la lutte antifraude



La fin de l'année 2011 voit fleurir les programmes en matière de sécurité intérieure (voir billet de securiteinterieure.fr à ce sujet). La Commission vient de présenter une nouvelle version du programme Hercule. Ce programme, nommé «Hercule III», vise à s'attaquer à la lutte contre la fraude aux intérêts financiers de l'UE, but ambitieux et défi difficile à relever, tant les fraudeurs sont multiples et organisés, les techniques de fraudes sont complexes et les législations nationales sont différentes (voir billet de securiteinterieure.fr pour un aperçu de l'ampleur de la lutte et notamment du montant global des amendes infligées).
Concrètement, il s'agit de faciliter la coopération entre les États membres et entre la Commission et les États membres contre la fraude, la corruption et toute autre activité illégale portant atteinte à ces intérêts financiers. Le programme  couvre la période 2014-2020 et le montant global de l'enveloppe budgétaire globale est de 110 millions d'euros. Quant à sa base juridique, elle est l'article 325, paragraphe 4, du traité sur le fonctionnement de l'UE (disposition de lutte contre la fraude).



L'idée :

Les intérêts financiers de l'Union doivent être protégés tout au long du cycle de la dépense par des mesures proportionnées, notamment par :
  • la prévention et la détection des irrégularités ainsi que les enquêtes en la matière, 
  • la récupération des fonds perdus, indûment versés ou mal employés 
  • si nécessaire, par l'application de sanctions.

Quels sont les objectifs du programme ?

Les objectifs opérationnels du programme sont de :
  • renforcer la coopération pour faire progresser la prévention de la fraude;
  • faciliter l'échange :
    • d’informations;
    • de données d'expérience et de bonnes pratiques;
    • de personnel;
  • fournir un appui technique et opérationnel aux enquêtes nationales (en particulier aux autorités douanières et répressives);
  • enrayer le développement d'une économie illégale dans des grands secteurs à risque comme :
    • la fraude organisée, 
    • la contrebande et la contrefaçon, notamment de cigarettes;
  • favoriser les analyses de droit comparé.

Qui peut participer au programme ?

Les organismes suivants sont admissibles à un financement sont :
  • les administrations nationales ou régionales d'un État membre ou d'un pays tiers qui œuvrent en faveur en matière de protection des intérêts financiers de l'UE;
  • les instituts de recherche et d'enseignement et les entités sans but lucratif.
Peuvent participer les organismes venant :
  • des pays en voie d'adhésion, ou des pays candidats;
  • des pays partenaires au titre de la politique européenne de voisinage;
  • des pays de l'Espace économique européen.

Et d'où vient ce programme ?

Il découle du programme «Hercule I» institué par une décision de 2004. Une nouvelle décision de 2007 a étendu ce programme à la période 2007-2013, sous la dénomination programme «Hercule II». Cette décision a surtout mis l'accent sur la lutte contre la contrebande et la contrefaçon de cigarettes. D'après la Commission, la réalisation des objectifs du programme Hercule, tant pour la période 2004-2006 que pour la période 2007-2013, a été un succès.

(synthèse par les soins de securiteinterieure.fr)


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mercredi 14 décembre 2011

Protection des frontières extérieures (suite) : de l'argent "bien dépensé"




C'est du moins ce qu'affirme la Commission européenne dans un rapport sur la mise en oeuvre du Fonds pour les frontières extérieures pendant la période 2007-2009. Ce rapport intervient quelques jours après la publication des documents liés à une nouvelle architecture financière de l'UE en matière de sécurité intérieure (voir billet de securiteinterieure.fr à ce sujet).

Qu'est-ce que le Fonds pour les frontières extérieures ?

L’Union européenne a mis en place, pour la période 2007-2013, le programme général «Solidarité et gestion des flux migratoires», et lui a alloué un montant total de 4 032,23 millions d’euros. L’un de ces quatre Fonds est le Fonds pour les frontières extérieures, mis en place pour la période 2007-2013 et doté d’une enveloppe totale de 1 820 millions d’EUR. Ce montant est complété par les contributions des États associés à Schengen (Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein), qui participent au Fonds depuis 2010.Au cours de la période 2007-2009, 23 États membres ont participé au Fonds. Le Royaume-Uni et l’Irlande n’y participent pas. Les principaux bénéficiaires ont été l’Espagne (94,4 Mio d'euros), l’Italie (59,8 Mio d'euros) et la Grèce (50,7 Mio d'euros). Les fonds alloués à ces trois pays représentent, ensemble, près de 50 % du total disponible pour tous les États membres participants.

A quoi sert le Fonds ?

  • la mise en place de contrôles efficaces, de haut niveau et uniformes aux frontières extérieures grâce au renforcement du système intégré de gestion des frontières;
  • l'appui au développement, à la préparation, à l’application, à la gestion et à la coordination de systèmes d'information à grande échelle, nécessaires pour assurer l’efficacité des vérifications aux frontières, du contrôle des flux migratoires et des procédures de délivrance des visas, en particulier le système d’information Schengen de deuxième génération (SIS II) et le système d’information sur les visas (VIS), y compris leurs aspects biométriques;
  • la poursuite de la mise en place de la politique commune des visas, en vue de faciliter les déplacements légitimes, de lutter contre l’immigration clandestine et la fraude touchant les visas et d’améliorer la coopération consulaire locale.

Et le bilan pour 2007-2009 ?

La Commission estime que le Fonds a été à la hauteur de ses objectifs. Pour la période 2007-2009, il a clairement rempli son rôle en orientant l’aide de l'Union afin de stimuler les investissements aux frontières et dans les consulats dans l’intérêt de l’espace Schengen dans son ensemble. Toujours d'après elle, il a contribué de manière sensible à faire progresser la gestion intégrée des frontières et l’utilisation des nouvelles technologies afin de faciliter les déplacements légitimes.

Et la France ?

La France a reçu 30 millions d'euros soit 7% de l'enveloppe financière du Fonds (contre 22% pour l'Espagne et 1% pour l'Autriche).

Un objectif stratégique de première importance pour la France est le renforcement du système de surveillance maritime «Spationav». Ce système d’avertissement et d’information vise à fournir aux préfectures territoriales et maritimes, mais également à tous les centres de coordination et de surveillance des frontières extérieures, des informations quasiment en temps réel relatives aux mouvements enregistrés en direction du littoral. Les investissements envisagés devraient permettre d’acquérir des équipements de pointe comme des radars à haute fréquence, des véhicules aériens et terrestres sans pilote, des satellites géostationnaires, des détecteurs, etc., ainsi que de développer et d’interconnecter les outils informatiques nécessaires. Au dernier stade du développement, il est prévu de garantir l’interopérabilité des systèmes de surveillance avec ceux d'autres États membres.

En outre, la France et l’Espagne ont adopté ce que l’on pourrait appeler une «stratégie régionale» et ont mis en place un dispositif complet de surveillance des frontières. Le système espagnol SIVE (système intégré de surveillance extérieure) a été créé dans le but de «fermer la frontière méridionale de l’Union européenne», et vise en particulier à prévenir l’entrée clandestine de personnes ou de biens sur le territoire de l’UE par la côte espagnole. En France, le système de contrôle des frontières extérieures SPATIONAV fournit un cadre pour l’ensemble des activités et actions liées au contrôle des frontières maritimes. Alors que le déploiement du SIVE a débuté avant le programme 2007, le système français a été lancé parallèlement à ce dernier et a jusqu’ici connu trois phases de développement et d’extension, une au cours de chaque programme successif.

Enfin, la France a pu notamment, grâce au Fonds, :
  • créer une zone d’attente réservée aux mineurs non accompagnés à l’aéroport de Roissy;
  • faire l’acquisition de matériel moderne pour le contrôle des documents afin de faciliter les vérifications aux frontières et de lutter contre la falsification des documents;
  • mettre en route le projet «SAS PARAFES», qui consiste en l’acquisition de SAS (portail électronique) et la mise en œuvre du système PARAFES de vérification automatique des documents  des passagers arrivant aux aéroports français en provenance de pays extérieurs à l’UE. Avec la mise en oeuvre du système PARAFES, ces voyageurs réguliers auront la possibilité de passer par des portails électroniques (SAS) et de bénéficier d’un contrôle automatisé en scannant leur passeport et ensuite leurs empreintes digitales. Le système PARAFES compare ensuite ces informations à celles qui sont enregistrées dans la base de données centrale, et permet au passager, une fois identifié, de franchir la frontière.

(synthèse du document par securiteinterieure.fr)

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jeudi 8 décembre 2011

Vers une nouvelle architecture financière de la sécurité intérieure européenne


Les points en rouge rectifient la précédente rédaction.

L’Union européenne subventionne bon nombre de projets en matière de gestion des frontières extérieures de l'UE, de lutte contre la criminalité, le terrorisme ou encore l'immigration clandestine. A présent, la structure financière va être simplifiée avec une nouvelle architecture financière en 3 piliers:
  • un Fonds pour la sécurité intérieure (voir billet précédent);
  • un Fonds aux frontières extérieures et aux visas;
  • un Fonds pour la justice. 

Les textes de la Commission présentés en novembre viennent d'être mis en ligne en ce début du mois de décembre. securiteinterieure.fr fait le bilan de manière détaillée :
  • aux frontières extérieures et aux visas (3 520 millions d'euros). Il s'agit d'appuyer :
    • appuyer la gestion des frontières de manière à assurer, d’une part, un niveau
      élevé de protection aux frontières extérieures et, d’autre part, le franchissement
      aisé des frontières extérieures conformément à l’acquis de Schengen;
    • appuyer la gestion des frontières de manière à assurer, d’une part, un niveau
      élevé de protection aux frontières extérieures et, d’autre part, le franchissement
      aisé des frontières extérieures conformément à l’acquis de Schengen;
  • un Fonds pour la justice ayant pour enveloppe financière près de 500 millions d'euros et établis sur la base des articles 81, 82 et 84 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce fonds est destiné à :
    • encourager l'application efficace, globale et cohérente de la législation de l'Union dans le
      domaine de la coopération judiciaire en matière civile et pénale;
    • faciliter l'accès à la justice;
    • prévenir et réduire la demande et l'offre de drogue.
  • un Fonds pour la sécurité intérieure de plus de 4,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020, établis sur la base des articles 78, 79, 82, 84, 87 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

De plus, une enveloppe distincte de 822 millions d'euros est réservée, en dehors du champ du Fonds pour la sécurité intérieure, pour la gestion des systèmes d’information à grande échelle existants (système d’information Schengen II, système d’information sur les visas et Eurodac). La gestion de ces systèmes sera graduellement transférée de la Commission à la future Agence pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle, une fois opérationnelle à la fin de l’année 2012.

Juridiquement, ces 3 fonds reposent sur 5 règlements.  Étant donné que les divers objectifs stratégiques à couvrir se fondent sur des bases différentes dans les traités, il est juridiquement impossible de créer le Fonds pour la sécurité intérieure sous la forme d’un instrument financier unique. Il est donc proposé de le créer sous la forme d’un cadre de financement global comprenant deux propositions sectorielles, complétées par un instrument horizontal établissant des dispositions communes. Ces deux propositions sectorielles sont consacrées à un Fonds «Asile et migration» et et un Fonds relatif à à la coopération policière.

  • un Fonds «Asile et migration» doté de près de 4 milliards d'euros pour la période 2014-2020, établis sur la base des articles 78 et 79 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce fonds va servir à :
    • renforcer et développer le régime d’asile européen commun;
    • favoriser la migration légale vers l’Union;
    • promouvoir des stratégies de retour;
    • approfondir la solidarité et le partage des responsabilités entre les États membres, en
      particulier en faveur des États les plus touchés par les flux de migrants.
  • à la coopération policière, à la prévention et la répression de la criminalité, ainsi qu’à la gestion des crises (1 128 millions d'euros). Il s'agit de :
    • prévenir et combattre la criminalité transfrontière, la grande criminalité et la criminalité organisée, notamment le terrorisme, et renforcer la coordination et de la coopération entre les autorités répressives;
    • renforcer la capacité des États membres et de l’Union à gérer efficacement les risques sécuritaires et les crises, et à se préparer et à protéger les personnes et les infrastructures critiques contre les attentats terroristes et les autres incidents liés à la sécurité.

Bien entendu, les différents fonds doivent être approuvés à présent par le Parlement européen et par le Conseil des ministres.

En  bref :

(synthèse des textes par securiteinterieure.fr)


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mercredi 16 novembre 2011

5 milliards d'euros pour la sécurité intérieure


Pour le prochain cadre financier pluriannuel (de 2014 à 2020), la Commission propose d'allouer un budget global de 10,7 milliards d'euros aux affaires intérieures. Cela représente une augmentation de près de 40 % par rapport au budget total de la période 2007 à 2013.

L'augmentation du montant du financement disponible pour la gestion des flux migratoires et des menaces pour la sécurité s'accompagnera d'une réduction du nombre de fonds, qui passeront de six à deux. Il s'agit du nouveau Fonds «Asile et migration», doté d'un budget de 3 869 millions d'euros et du nouveau Fonds pour la sécurité intérieure doté de 4 648 millions d'euros. 

Le Fonds pour la sécurité intérieure soutiendra la mise en œuvre de la stratégie de sécurité intérieure et l'approche de l'UE concernant la coopération en matière répressive, y compris la gestion des frontières extérieures de l'Union. Il sera doté d'un budget global de 4 648 millions d'euros, qui couvrira également le développement de nouveaux systèmes d'information, tels que le futur système d'entrée/sortie et le programme d'enregistrement des voyageurs.

Un dispositif souple de réaction aux situations d'urgence intégré aux deux Fonds permettra à l'UE de réagir vite aux situations de crise évoluant rapidement, telles que les flux migratoires mixtes ou les attentats terroristes ou les cyberattaques. "Un financement adéquat avec des règles plus simples et plus souples est essentiel pour répondre aux défis de plus en plus transnationaux auxquels l'UE est confrontée. Il nous faut une réponse de l'UE plus rapide et plus efficace face à des événements tels que ceux auxquels nous avons assisté en Afrique du Nord ces derniers mois", a déclaré Cecilia Malmström, membre de la Commission chargée des affaires intérieures.

Les deux nouveaux fonds remplaceront le Fonds européen d'intégration des ressortissants de pays tiers, le Fonds européen pour les réfugiés, le Fonds pour les frontières extérieures, le Fonds européen pour le retour et les deux programmes spécifiques «Prévenir et combattre la criminalité» et «Prévention, préparation et gestion des conséquences en matière de terrorisme et autres risques liés à la sécurité».

(synthèse par les soins de securiteinterieure.fr)


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