Pages

Affichage des articles dont le libellé est équipes européennes de garde-frontières. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est équipes européennes de garde-frontières. Afficher tous les articles

mardi 5 juillet 2022

Criminalité transantionale, immigration clandestine et menaces hybrides : une étape cruciale dans le pilotage politique de la gestion européenne intégrée des frontières extérieures

L’UE est actuellement en train de développer un « cycle politique stratégique pluriannuel quinquennal ». Pour ce faire,  un « Document élaborant une politique stratégique pluriannuelle pour la gestion européenne intégrée des frontières » énonce les principes sous-tendant la gestion européenne intégrée des frontières, de même que les défis stratégiques à cette gestion.

Entendez par-là un guide la manière dont le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes devrait fonctionner efficacement au cours des 5 prochaines années. Ce document vise à mettre en œuvre la gestion européenne intégrée des frontières. Un  tel cycle est situé à la charnière entre l’échelon politique et l’échelon opérationnel.

L'élaboration de ce cycle en est au stade des consultations. Toutefois, une fois pleinement opérationnel, le processus devra déboucher à la fin de cette année sur la définition d’une approche stratégique pluriannuelle pour la gestion européenne intégrée des frontières, basée sur une vision, des principes et des priorités. Autrement dit, il s’agit de parvenir à définir fin 2022, un pilotage politique pour la gestion européenne intégrée des frontières couvrant cette période de 5 ans. 



De quoi s’agit-il ?

Depuis le 1er janvier 2021, Frontex soutient les États membres dans la protection des frontières extérieures et dans les retours par l'intermédiaire du corps permanent de garde-frontières et de garde-côtes européens. Le corps permanent est désormais composé de plus de 6 000 agents, et il atteindra sa pleine capacité de 10 000 agents d'ici 2027. Actuellement, Frontex déploie chaque jour , en moyenne , 2 000 agents aux frontières extérieures terrestres, maritimes et aériennes et en appui à Retour. 

Un nouveau cycle politique stratégique visera à garantir une utilisation efficace et cohérente du corps européen de garde-frontières et de garde-côtes, rassemblant plus de 120 000 garde-frontières et garde-côtes et experts en matière de retour des États membres et de Frontex. Ce cadre permettra de mieux connecter les différentes politiques et outils et visera à combler les lacunes entre la protection des frontières, la sécurité, le retour et la migration, tout en garantissant la protection des droits fondamentaux.

Dans le domaine du retour, Frontex a également réalisé d'importants progrès dans le développement de ses capacités à soutenir les États membres en matière de retour et de réintégration. En particulier, un directeur général adjoint pour les retours et les opérations a pris ses fonctions en février 2022 et supervise une nouvelle division des retours. 

Un soutien renforcé est fourni aux États membres dans le domaine du retour volontaire et les services conjoints de réintégration de Frontex ont été déployés pour fournir un soutien à la réintégration aux États membres à partir d' avril 2022.

Frontex progresse dans la mise en place de ses capacités pour organiser des opérations de retour à l'initiative de l'Agence avec un premier vol réussi organisé vers l'Albanie en janvier 2022. 

En outre, un nouvel officier aux droits fondamentaux et un officier adjoint aux droits fondamentaux ont pris leurs fonctions respectivement en juin 2021 et mars 2022. Leur travail est soutenu par 20 moniteurs des droits fondamentaux et leur nombre passera à 46 moniteurs d'ici la fin de l'été.


D’où vient-on ? le cycle de Schengen

La stratégie Schengen du 2 juin 2021 a identifié deux conditions préalables importantes pour un espace Schengen pleinement fonctionnel et résilient. Il s'agissait d'une approche intégrée de la gestion des frontières extérieures et d'une mise en œuvre du nouveau mandat de Frontex. 

Pour atteindre cet objectif, l'Union européenne et ses États membres doivent travailler ensemble, en vue de parvenir à une gestion européenne intégrée des frontières (EIBM), réunissant tous les acteurs concernés tant au niveau européen que national. Dans ce contexte, la gestion européenne intégrée des frontières devrait également être pleinement intégrée dans le cycle de Schengen.

La Commission a élaboré le présent document d'orientation sur la base de l'analyse des risques stratégiques pour l'EIBM soumise par Frontex à la Commission, au Parlement européen et au Conseil en juillet 2020, qui identifie les défis de l'EIBM pour les 10 prochaines années. 

Le 21 décembre 2021, la Commission a également adopté un modèle de modalités de travail à utiliser par Frontex lors de la coopération avec des pays tiers et un modèle d'accord sur le statut pour réglementer le déploiement des équipes du corps permanent de garde-frontières et de garde-côtes européens dans les pays tiers.


En quoi consiste le cycle politique stratégique pluriannuel ?

Le cycle politique stratégique pluriannuel (cycle politique EIBM) est préparé conformément à l'article 8 du règlement (UE) 2019/1896 (le règlement EBCG). Le règlement EBCG crée une architecture complète pour le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes, réunissant Frontex et environ 50 à 60 autorités des États membres compétentes pour la gestion des frontières (y compris les garde-côtes lorsqu'ils effectuent des tâches de surveillance des frontières) et le retour. 

Le cycle politique EIBM a pour objectif stratégique de déterminer comment le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes devrait relever les défis dans le domaine de la gestion des frontières et des retours de manière cohérente, intégrée et systématique.

Comme annoncé dans la stratégie Schengen du 2 juin 2021, la mise en œuvre de la gestion intégrée des frontières européennes sera guidée par le cycle politique stratégique pluriannuel (cycle politique EIBM). Ce cycle guide la manière dont le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes devrait fonctionner efficacement en tant que structure au cours des cinq prochaines années et mettre en œuvre la gestion européenne intégrée des frontières. Au niveau opérationnel, ce cycle devrait fournir un cadre commun, guidant le travail quotidien de plus de 120 000 agents du corps européen de garde-frontières et de garde-côtes des autorités nationales et de Frontex. 

A cet effet, la Commission lance une consultation du Parlement européen et du Conseil sur le développement de la politique stratégique pluriannuelle. Cette consultation porte sur les priorités politiques et les orientations stratégiques pour une période de cinq ans en relation avec les 15 composantes EIBM. 


Quelles sont les 4 étapes du cycle politique EIBM ?

La structure du cycle politique stratégique pluriannuel quinquennal se compose de quatre étapes principales :

  1. direction politique par les institutions de l'UE;
  2. stratégie technique et opérationnelle pour l'EIBM par le conseil d'administration de Frontex ;
  3. stratégies nationales d'EIBM par les États membres;
  4. évaluation par la Commission en vue de relancer le cycle.



Figure 1: Le cycle politique stratégique pluriannuel de l'EIBM

Le point de départ du cycle stratégique est l'identification des défis dans le domaine de la gestion des frontières et du retour qui doivent être relevés de manière cohérente, intégrée et systématique . Dans ce contexte, Frontex, en étroite consultation avec les États membres, a élaboré une toute première analyse stratégique des risques pour la gestion européenne intégrée des frontières , qui couvre une période de 10 ans.


Où va-t-on ? Une politique stratégique pluriannuelle

Le résultat de ce processus de consultation devrait aboutir à une communication de la Commission établissant la politique stratégique pluriannuelle pour la gestion européenne intégrée des frontières qui, d'ici la fin de 2022, établira un pilotage politique pour la gestion européenne intégrée des frontières couvrant une période de cinq ans. Le cycle sera ensuite mis en œuvre par le biais de la stratégie technique et opérationnelle à adopter par le conseil d'administration de Frontex et par le biais des stratégies nationales des États membres.

Quatre ans après l'adoption de la communication définissant la politique stratégique pluriannuelle pour la gestion européenne intégrée des frontières, la Commission procédera à une évaluation approfondie de la mise en œuvre de la politique par toutes les parties prenantes aux niveaux européen et national, en vue de préparer la prochaine stratégie pluriannuelle cycle politique.



1er principe sous-tendant la gestion européenne intégrée des frontières : une meilleure coordination et planification intégrée

Le bon fonctionnement d'un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes repose sur un système bien établi de coordination, de communication et de planification entre les composantes européenne (Frontex) et nationales (autorités nationales responsables ou impliquées dans la gestion intégrée des frontières). L'un des principaux objectifs est de développer une utilisation flexible et intégrée des informations, des capacités combinées et des systèmes et outils interopérables aux niveaux européen et national. Une exigence clé pour faire fonctionner cette nouvelle structure européenne est des systèmes nationaux clairs de coordination, de communication et de planification pour garantir une coopération fonctionnelle avec l'Agence et entre les autorités nationales impliquées dans IBM. Il devrait y avoir une autorité nationale chef de file au niveau national chargée de coordonner la gestion intégrée des frontières et un point de contact national unique pour toutes les questions relatives aux activités de l'Agence. 


2e principe : une disponibilité constante pour répondre aux menaces émergentes

La mise en œuvre de l'EIBM devrait donner les outils nécessaires pour réagir et gérer toutes les menaces émergentes possibles aux frontières extérieures. Il doit y avoir une disponibilité constante aux niveaux européen et national pour gérer tout afflux massif de migrants irréguliers franchissant illégalement les frontières extérieures. À cette fin, des plans d'urgence complets, testés et constamment mis à jour. Ces plans doivent comprendre l'utilisation des capacités et des instruments de l'UE et nationaux, par exemple des interventions rapides aux frontières, des équipes de soutien à la gestion des migrations, des équipes d'intervention de retour, et la pleine utilisation de l'approche hotspot.


3e principe : une conscience globale de la situation

Une connaissance complète et en temps quasi réel des situations existantes et prévisibles, couvrant presque toutes les fonctions d'IBM, est la pierre angulaire d'une réponse adaptée et rapide à différentes situations. 

Un tableau complet de la situation européenne devrait être maintenue, par l'Agence au niveau de l'UE et par les États membres au niveau national, afin de garantir une réaction efficace et rapide du corps européen de garde-frontières face aux menaces émergentes. 


4e principe : des normes techniques 

Des normes techniques pour l'échange d'informations et pour l'équipement requis devraient être élaborées conjointement par Frontex, les États membres et la Commission.

Des normes techniques pour l'échange d'informations sont nécessaires pour que les informations et les données fournies par les États membres et Frontex puissent être facilement comparées et analysées. Cela est essentiel pour améliorer la connaissance de la situation, notamment pour compléter le tableau de situation d'EUROSUR et accroître la capacité de réaction aux situations aux frontières extérieures.

Des principes similaires s'appliquent aux normes techniques pour le parc d'équipements techniques composé d'équipements appartenant aux États membres ou à Frontex. Le remplacement d'une pièce d'équipement par une autre doit se faire rapidement, afin de ne pas entraver le résultat des activités opérationnelles. Il est nécessaire d'assurer l'interopérabilité et la compatibilité des équipements du parc d'équipements techniques afin qu'ils puissent travailler dans le même environnement opérationnel. 


1er type de défis stratégiques pour la gestion intégrée des frontières européenne

Les principaux défis stratégiques pour la gestion intégrée des frontières européenne identifiés dans l'analyse des risques stratégiques 2020 sont :

  • une intensification des flux illicites de contrebande affectant la sécurité intérieure et extérieure de l'UE;
  • une augmentation de la pression par la criminalité transfrontalière et des activités de contrebande transfrontalières,
  • les cyberattaques et attaques terroristes sophistiquées contre des passagers internationaux/nationaux, des navires, des marchandises dangereuses et des infrastructures maritimes critiques ;
  • en matière de cybercriminalité,  le transfert massif d'activités auparavant hors ligne vers l'environnement en ligne, comme cela a été le cas avec la pandémie de COVID-19 ;
  • le terrorisme et les menaces hybrides.


2e type de défis stratégiques : la gestion des flux

Les principaux défis sont :

  • une situation où des États membres ou des tronçons frontaliers individuels sont submergés par une pression considérable, notamment par :
    • la nécessité de faire face à l'augmentation des flux de passagers et de fret en améliorant la collecte de données, la gestion des risques et l'interopérabilité ; 
    • les risques pesant sur les gardes-frontières de première ligne interagissant avec les voyageurs et manipulant les bagages et le fret, ce qui pourrait entraîner une exposition à des toxines, des agents pathogènes ;
  • les défis liés au transport maritime, terrestre et aérien, notamment :
    • une augmentation de la migration internationale et des mouvements migratoires secondaires (intra-UE) 
    • goog_14487161l'impact de l'intensité des vols à bas prix sur la capacité de certains aéroports de l'UE à faire face aux problèmes liés à la gestion des frontières


En outre, la situation à la frontière UE-Biélorussie en 2021 a montré comment l'instrumentalisation de la migration peut créer une menace hybride pour les frontières de l'UE. 

De même, l'invasion russe de l'Ukraine , à la suite de laquelle plus de 5,9 millions de personnes avaient fui vers l'UE à ce jour, a illustré les défis pour la gestion des frontières. Une escalade significative de l'agression militaire par les forces russes pourrait entraîner d'autres mouvements massifs de personnes hors d'Ukraine. 


Les solutions présentées face aux risques stratégiques

Parmi les solutions présentées :

la numérisation de la gestion des frontières, en déployant le système d'entrée/sortie, le système européen d'information et d'autorisation de voyage, le système d'information Schengen renouvelé et le système d'information sur les visas renouvelé ;

le recours encadré aux technologies d'identification non intrusives (par exemple, les empreintes digitales, la reconnaissance faciale pour faciliter le franchissement légal. L'accès à ces informations devra se faire via un équipement portable pour permettre les consultations de bases de données et les contrôles de sécurité nécessaires ;

  • pour éviter une situation où des États membres ou des tronçons frontaliers individuels sont submergés par une pression considérable, une réponse coordonnée est nécessaire avec des mesures adéquates dans la zone pré-frontière et, si nécessaire, des augmentations correspondantes des capacités opérationnelles aux tronçons frontaliers concernés;
  • les activités de retour de l'EBCG doivent être renforcées par la numérisation, notamment en utilisant l'application Frontex pour le retour et les systèmes informatiques nationaux de gestion des retours, sur la base du modèle de systèmes de gestion des dossiers de retour développé par l'Agence.


synthèse et traduction du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr



Ce document fait partie du paquet de mesures:


A lire sur securiteinterieure.fr  : 

A lire également sur securiteinterieure.fr  : 


mardi 3 octobre 2017

Constitution du Corps européen de garde-frontières, le nouveau rapport fait état de lacunes persistantes



Sous-alimenté et sous-employé par les États membres de l’UE. C’est en résumé le contenu du dernier rapport sur l’état d’avancement de la création du Corps européen de garde-frontières.
Les États peinent à respecter leurs engagements concernant la capacité opérationnelle complète des groupes de réaction rapide, ou encore concernant la dotation en hommes et en équipement des opérations conjointes déployées en faveur des États membres de première ligne dans le contrôle des frontières extérieures de l’UE.

1 700 gardes-frontières déployés dans différentes sections des frontières extérieures de l'UE

888 agents sont déployés en Grèce par l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes dans le cadre de l'opération conjointe Poseidon,.
Le déploiement comprend également 3 navires de patrouille offshore, 4 navires de patrouille côtière, 12 bateaux de patrouille côtière, 1 avion, 2 hélicoptères, et 16 véhicules de patrouille.

Sous l'égide de l'opération conjointe Triton déployée en Italie et en Méditerranée centrale, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a déployé 407 officiers.
Le déploiement comprend 3 avions, 3 hélicoptères, 2 patrouilleurs offshore, et 6 navires patrouilleurs côtiers.
En Bulgarie, le déploiement actuel comprend 126 officiers et 38 voitures de patrouille, et 1 détecteur CO₂.

En Espagne, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes met actuellement en œuvre 3 opérations conjointes d'assistance aux autorités espagnoles en Méditerranée occidentale et dans l'océan Atlantique (à proximité des îles Canaries) :   Indalo 2017 depuis mai 2017, Minerva et Hera lancées en août 2017. Le déploiement actuel en Espagne pour ces opérations  est de 193 agents, soutenu par 2 avions, 1 navire de patrouille offshore et 1 bateau de patrouille côtière.
Enfin, 44 agents sont actuellement déployés aux frontières terrestres de la Croatie et de la Hongrie avec la Serbie. En outre, 11 officiers sont déployés dans l'aéroport de Tirana afin de conseiller les autorités locales en matière de contrôles aux frontières.

Des progrès à faire concernant le renforcement des capacités propres de l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes 

Dans ses deux derniers rapports, la Commission a souligné l'importance d'élaborer une stratégie globale pour développer les capacités propres de l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, en particulier pour permettre à cette agence de bénéficier pleinement de 10 millions d'euros par an (40 millions d'euros au total pour 2017-2020) en vue d’acquérir son propre équipement.
L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a présenté à son Conseil d'administration des 26-27 septembre 2017 cette stratégie globale pour adoption, en tenant compte des différentes options possibles : achat, location, location, déploiement à long terme.

Pour ce qui est des groupes de réaction rapide de l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, bien que la disponibilité totale de plus de 1 500 gardes-frontières et d'autres officiers ait été confirmée depuis le 7 décembre 2016, seuls des progrès partiels ont été réalisés.
Par conséquent, la disponibilité totale des groupes de réaction rapide n’est toujours pas d’actualité.

Fin août 2017, aucune nouvelle promesse additionnelle n'a été faite par les Etats membres concernant les volets patrouille côtière, patrouilleurs offshore et  véhicules à vision thermique, des groupes de réaction rapide générant encore des lacunes considérables.
La situation n'a donc pas changé depuis avril 2017.

Pour ce qui est des profils des agents recherchés, certains déficits ont diminué, en particulier  les experts spécialisés dans l’enregistrement / relevé des empreintes digitale (de 137 à 29) et, dans une moindre mesure, concernant les experts en dépistage (de 38 à 23).
L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes organisera avant la fin d'octobre 2017 un exercice visant à vérifier l'efficacité du déploiement des groupes de réaction rapide. Cet exercice permettra à cette agence de tester l'application de ce type de mécanisme.

Les évaluations de la vulnérabilité aux frontières à perfectionner


L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a intensifié ses efforts pour conclure la première étape du processus d'évaluation de la vulnérabilité conformément à la méthodologie commune et au calendrier convenu.

Elle a adressé 21 recommandations aux États Schengen concernant un certain nombre de mesures concrètes à prendre. Ces recommandations finales ont été envoyées entre le 13 juillet et le 20 juillet 2017. Les mesures recommandées concernent 46 vulnérabilités sur le total des 136 vulnérabilités identifiées par l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

La plupart des mesures prescrivent un délai de mise en œuvre de 6 mois à compter de la réception des recommandations. Le calendrier pour leur mise en œuvre des recommandations comprend la présentation d'un plan d'action à l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes d'ici la fin du mois d'août 2017 et des rapports trimestriels réguliers sur l'état d'avancement.
Or, depuis le 4 septembre 2017, 13 États Schengen ont envoyé leur plan d'action à cette agence.

En outre, les exercices de simulation pour évaluer les capacités de 6 États membres (Bulgarie, Croatie, France, Grèce, Italie et Espagne) ont été planifiés en 2017.
À cette fin, ces 6 États membres ont dû fournir une série d’informations à l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes d'ici le 1er septembre 2017. Pourtant, seuls 2 États membres se soient conformés à ce délai.

193 opérations de retour effectuées mais des progrès mitigés réalisés par l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes dans la mise en œuvre intégrale de son nouveau mandat

Le nombre d' opérations effectuées par l' agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes conjointement avec les États membres a augmenté et le nombre de pays de destination a augmenté.
Au total, entre le 1er janvier et le 31 juillet 2017, cette agence a apporté son soutien à 193 opérations de retour au cours desquelles 8608 ressortissants hors UE en séjour irrégulier ont été renvoyés.

Cela étant, le mandat de l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes offre un cadre beaucoup plus large, avec de nouveaux instruments  qui permettraient à cette agence et aux États membres d'améliorer de manière significative les taux de retour.
Pour réaliser cette transformation opérationnelle nécessaire, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes doit modifier fondamentalement son approche.

Or, ce n'est que grâce à la mobilisation des autorités responsables des États membres qu'une telle transformation opérationnelle peut être réalisée.
Par exemple, tout au long de l'année 2017, cette agence n'a pas encore apporté son soutien aux opérations de départ volontaire.
L'utilisation du soutien opérationnel de l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes pour les retours reste en effet limitée à quelques États membres seulement.
Il en va de même concernant les escortes de retour forcé.
Des experts sont désormais prêts mais il n’est pas encore fait appel à eux, si bien que cet outil reste globalement sous-utilisé par les États membres.

Les procédures d'affrètement d'avions directement par l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes sont toujours en cours, tandis qu'un autre outil très attendu pour soutenir les opérations de retour des États membres, à savoir le retour par les vols commerciaux est à cette date encore en attente.
Cette agence a finalisé en septembre 2017 le lancement d'un projet pilote ciblé pour couvrir toutes les destinations de retour.

Élaboration d'un cadre stratégique européen pour la gestion intégrée des frontières 

La Commission a proposé de développer un cadre stratégique pour la gestion européenne des frontières intégrées (IBM) avec trois niveaux intégrés:
  • 1) une stratégie politique par les institutions de l'Union
  • 2) une stratégie technique et opérationnelle par l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes
  • 3) stratégies nationales par les États membres.
Le calendrier du processus est très rigoureux et ambitieux en raison de la consultation très complexe de différents acteurs concernés. La première réunion de niveau d'experts avec les experts des États membres a eu lieu le 20 juin 2017. La Commission a effectué une présentation à la commission LIBE du Parlement européen le 29 juin 2017 sur le processus de développement de la stratégie de gestion intégrée des frontières.

Compte tenu de l'importance politique de la stratégie, une réunion de haut niveau devrait avoir lieu le 17 octobre 2017 incluant des représentants des États membres et des membres du Parlement européen pour discuter de la mise en place du cadre politique
Quant à l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, elle va lancer le processus pour l'élaboration d'une stratégie opérationnelle et technique au cours de la 2ème moitié de 2017. Cette stratégie technique et opérationnelle devrait être validée par son conseil d'administration, une fois que les institutions de l'UE auront approuvé  la stratégie politique d'ici février 2018.

traduction et synthèse du rapport par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr



Et vous êtes sûr de n'avoir rien oublié ? 
 

De retrouver securiteinterieure.fr sur twitter par exemple ?


lundi 22 février 2016

Vers une agence Frontex 2.0 : les choses sérieuses commencent vraiment pour la concrétisation du "Corps européen de garde-frontières"


Le projet fait déjà du bruit et il va en faire davantage encore. Réunis les 18 et 19 février, les Chefs d'Etat et de gouvernement ont exigé d'accélérer les négociations sur le projet de la Commission de « corps européen de garde-frontières et de garde-côtes ».

Les experts nationaux ont commencé à plancher sur ce projet figurant dans une communication et une proposition de règlement. Un Conseil "Justice et affaires intérieures" informel avait évoqué ce projet en janvier  mais les choses sérieuses commencent commencent vraiment pour ce projet, la présidence néerlandaise du Conseil des ministres souhaitant obtenir un accord politique d'ici fin juin.

Véritable serpent de mer (projet d’une quinzaine d’années), l’idée de la Commission d’un corps européen de garde-frontières  s’était heurtée à de nombreuses reprises à la résistance des Etats membres.
La crise des réfugiés a fait bouger les choses et c’est pourquoi la Commission a présenté un paquet de textes dont une proposition de règlement créant une agence européenne à partir de l’agence Frontex .

Parmi les mesures phare, il est prévu que cette nouvelle agence ait le pouvoir décider de lancer des opérations de retour. Dans les situations d’urgence, elle doit aussi pouvoir intervenir afin que des mesures soient prises sur le terrain même si l’État membre concerné ne sollicite pas d’assistance.

source de l'image

Pourquoi cette proposition ?

Entre janvier et novembre 2015, plus de 1,5 million de franchissements irréguliers des frontières ont été détectés, soit un niveau record d'arrivées dans l’UE.
Selon la Commission, la confiance des citoyens dans la capacité collective à gérer les frontières extérieures de l’UE a été mise à l’épreuve par les événements survenus cette année 2015, et notamment par l’augmentation sans précédent des flux de migrants et de réfugiés.

La crise a mis en évidence des faiblesses et des lacunes dans les mécanismes de gestion des frontières, qui se sont révélés insuffisants pour garantir une gestion intégrée et efficace de celles-ci. Certains États membres ne sont pas parvenus à assurer un contrôle efficace aux frontières ni à identifier et à enregistrer les migrants en situation irrégulière.
La crise a également montré que les limitations imposées à l’agence Frontex entravaient sa capacité à réagir et remédier efficacement à la situation.
Il s’agissait en particulier de l’insuffisance des moyens en personnel et en équipements, impossibilité d'engager et de réaliser des opérations de retour ou de gestion des frontières et absence d’un rôle explicite pour mener des opérations de recherche et de sauvetage.

Le problème actuel

D’après la Commission, il est devenu de plus en plus évident que les différents États membres agissant en ordre dispersé ne peuvent pas convenablement relever les défis que représentent ces mouvements. En particulier, la crise des réfugiés a mis en évidence deux problèmes fondamentaux dans les structures existantes. La raison en est que le déploiement des ressources de la nouvelle agence s’appuie
  • sur une demande formelle d’un État membre de première ligne : malgré plusieurs demandes politiques en ce sens, certains États membres n’ont pas activé les mécanismes existants d’intervention aux frontières, empêchant Frontex d’intervenir.
  • sur la bonne volonté des États membres sollicités pour envoyer des ressources aux frontières extérieures à un moment donné.
    Or, le dispositif actuel, reposant sur une base volontaire, combiné à l’actuelle crise migratoire, a récemment conduit à une situation de pénurie, qui a empêché Frontex d’exécuter ses tâches opérationnelles à leur capacité maximale : Frontex a demandé aux États membres de fournir 743 agents invités pour travailler à la frontière extérieure de la Grèce alors qu'à ce jour, seuls 447 d’entre eux ont été envoyés.

Le premier axe de la solution : créer une réserve de garde-frontières européens 

Afin de garantir la capacité de la nouvelle agence à exécuter ses tâches en réponse à des situations d’urgence, une réserve d'intervention rapide sera créée en tant que corps permanent d'experts mis à la disposition de cette nouvelle agence.
En tant qu’organisme désigné pour mettre en œuvre la gestion européenne intégrée des frontières, elle pourra faire appel à cette réserve dans un délai limité et dans des circonstances exigeant une réaction immédiate.
Les États membres devront mettre à disposition au moins 1 500 garde-frontières destinés à être déployés en quelques jours par la nouvelle agence pour les interventions rapides aux frontières.

De même, la nouvelle agence disposera d’un parc d'équipements techniques dans lequel les États membres seront tenus de mettre immédiatement à disposition les équipements opérationnels acquis à un taux de cofinancement de 90 % au titre des dotations additionnelles des actions spécifiques du Fonds pour la sécurité intérieure.
Cela permettra de mettre un terme à la situation actuelle, dans laquelle les États membres situés en première ligne sont confrontés à une pénurie d’équipements essentiels de dactyloscopie, tandis que l'agence Frontex ne peut pas les fournir, étant donné qu'elle dépend des États membres pour mettre ces ressources à disposition.

Le deuxième axe de la solution : imposer le droit d'intervenir 

Chaque fois que des défaillances seront constatées, afin que soient adoptées, en temps utile, des mesures correctives et que l'on évite d’aboutir à une situation de crise, la nouvelle agence sera, au premier chef, habilitée à recommander aux États membres de lancer des opérations conjointes ou de mener des interventions rapides aux frontières.

Si les défaillances persistent et que l’action nationale ne se concrétise pas, la Commission pourra adopter une décision d’exécution qui établira que la situation, sur une portion précise des frontières extérieures, exige une action urgente, et qui confiera à la nouvelle agence la tâche de mettre en œuvre des mesures opérationnelles appropriées.
Cela permettra à cette dernière d’intervenir immédiatement dans les situations de crise en déployant des équipes européennes de garde-frontières et de gardecôtes aux frontières extérieures.

Et en amont : mieux identifier les risques et les vulnérabilités

Un centre de suivi et d’analyse des risques sera créé au sein de la nouvelle agence afin de suivre les flux migratoires vers l’Union européenne et en son sein.
Cet outil ira de pair avec une analyse des risques fiable et à jour. L’utilisation du modèle d’analyse commune et intégrée des risques (CIRAM) élaboré par cette nouvelle agence, en étroite coopération avec les États membres, sera rendue obligatoire.

La nouvelle agence détachera des officiers de liaison auprès de certains États membres à risque. Ils recenseront les éventuels points faibles des systèmes nationaux de gestion des frontières et élaboreront des recommandations pour y remédier.
Cela permettra de définir les mesures préventives nécessaires de manière proactive et commune, et d’éviter que les lacunes potentielles ne deviennent problématiques.

Accéder aux données sur l’immigration illégale collectées lors de la détection des marées noires

La Commission propose de rassembler les agences et organismes actuels assumant des fonctions de garde-côtes.
À l’échelle de l’UE, il faudra, pour ce faire, aligner les attributions respectives de l’Agence européenne pour la sécurité maritime et de l’Agence européenne de contrôle des pêches sur les dispositions correspondantes régissant la nouvelle Agence et renforcer leurs capacités, en particulier par des opérations de surveillance planifiées conjointement et un partage d’informations rationalisé et le renforcement des capacités, et fournir des services de surveillance et de communication fondés sur des technologies de pointe telles que les systèmes d’aéronef télépiloté (drones).

Cela signifiera que la nouvelle agence pourra, par exemple, avoir accès à de nouvelles informations sur les navires servant à l’immigration illégale et à la criminalité transfrontière qui ont été détectés lors d’opérations de surveillance maritime dont la mission première est non pas le contrôle aux frontières, mais le contrôle des pêches ou la détection des marées noires.
Cette coopération intersectorielle pragmatique pour mettre en commun ressources et informations permettra de faire bénéficier la gestion des frontières de capacités qui ne se rapportent pas strictement au contrôle aux frontières.

Toujours en amont : réagir efficacement au test de vulnérabilité

Pour repérer et corriger les faiblesses, la Commission propose de renforcer sensiblement le «test de vulnérabilité».
Le mécanisme obligatoire d’évaluation de la vulnérabilité garantira que les besoins spécifiques des tronçons de frontière extérieure exposés à des menaces.

À l’issue de cette évaluation, s'il y a lieu, la nouvelle agence déterminera les mesures correctives nécessaires pour combler les lacunes.
Ses décisions seront contraignantes pour l’État membre concerné.
Si les mesures correctives nécessaires ne sont pas prises dans le délai fixé par cette nouvelle agence, la Commission européenne pourra l’autoriser à prendre des mesures supplémentaires, y compris le déploiement d'équipes européennes de garde-frontières et de garde-côtes.

En cas de crise, instaurer des centres de crise («hotspots»)


La mise en place de l’approche des centres de crise («hotspots»), initialement introduite par l'agenda européen en matière de migration, deviendra une tâche essentielle de la nouvelle agence, qui pourra déployer des équipes européennes de garde-frontières et de garde-côtes dans le cadre des équipes d'appui à la gestion des flux migratoires dans les zones de crise («hotspots»).

En outre, la proposition de la Commission prévoit un rôle accru de cette nouvelle agence en ce qui concerne la coopération avec les pays tiers dans le cadre de laquelle elle peut coordonner la coopération opérationnelle entre les États membres et les pays tiers voisins dans le domaine de la gestion des frontières, notamment par le déploiement d’officiers de liaison dans les pays tiers ou le lancement d’opérations conjointes sur le territoire de l’Union ou de ces pays tiers.
Cette mesure remédiera en particulier à la situation que connaît actuellement la coopération avec les pays des Balkans occidentaux où, malgré l’accord des pays tiers en question, l’agence Frontex ne peut pas apporter d’assistance opérationnelle faute d’être compétente pour envoyer des équipes de garde-frontières dans des pays tels que la Serbie ou l’ancienne République yougoslave de Macédoine.

Enfin pour le retour, créer un bureau spécialisé et des équipes d’intervention 

Comme l’indique le plan d’action de l’UE en matière de retour, la nouvelle agence devrait pouvoir décider de lancer des opérations de retour et aider les États membres pour ce qui est de l’obtention des documents de voyage.

La nouvelle agence coordonnera toutes les tâches liées au retour et apportera aux États membres tout le renfort technique et opérationnel nécessaire au retour effectif des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier.
À ces fins, un bureau spécialement chargé des retours sera créé au sein de la nouvelle agence afin de coopérer avec les États membres dans la réalisation de procédures d’identification et de retour, notamment en finançant et en cofinançant, en coordonnant et en organisant les opérations de retour et en coopérant avec les autorités de pays tiers compétentes en matière de retour.

Elle jouera également un rôle direct et prépondérant dans les interventions en matière de retour. Les équipes européennes d’intervention en matière de retour, composées d’escortes, de contrôleurs et de spécialistes des questions de retour, pourront être envoyées dans les États membres dont le système de retour subit une pression particulière.
Dans les situations d’urgence, les équipes européennes d’intervention rapide en matière de retour pourraient être déployées soit à la demande d’un État membre, soit de la propre initiative de cette nouvelle agence.


synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr


A lire aussi :

A lire par ailleurs sur securiteinterieure.fr, le Dossier spécial "Crise des réfugiés" de securiteinterieure.fr




RAPPEL IMPORTANT PAR AILLEURS : l'angle retenu est celui de la sécurité, mais il convient de noter que cette crise revêt de nombreux autres aspects, humanitaires notamment (consulter à ce sujet  la charte éditoriale de securiteinterieure.fr).

mardi 11 octobre 2011

Adoption officielle du nouveau règlement Frontex



C'est fait, le Conseil de l'UE a donné son accord sur le nouveau règlement instituant Frontex.

Le point sensible concernait la possibilité pour un État membre de mettre à disposition de Frontex, sur demande de l'agence, des gardes-frontières et des équipements.

Les principales nouveautés sont :

  • la mise à disposition d'équipements et de garde-frontières sur base d'un accord entre Frontex et l'État membre comme prévu dans l'accord annuel. Possibilité de refus lorsque la mise à disposition peut compromette sérieusement l'exécution des tâches nationales;
  • la possibilité pour Frontex d'acheter ou de louer par crédit-bail ses propres équipements (voitures, navires, hélicoptères, etc.) ou de les acheter en copropriété avec un État membre;
  • les équipements mis à disposition de l'agence seront recensés dans un inventaire centralisé du parc des équipements techniques;
  • la codirection Frontex-Etats membres des opérations conjointes et des projets pilotes;
  • les équipes déployées dans des opérations Frontex (qu'il s'agisse d'opérations conjointes, de projets pilotes ou d'interventions rapides aux frontières) porteront le nom générique d'"équipes européennes de gardes-frontières";
  • le renforcement des compétences de l'agence :
    • au sujet de son rôle de coordination dans les opérations de retour conjointes;
    • en matière de formation;
    • en matière d'analyse du risque face à la pression migratoire;
  • la capacité pour Frontex de créer des fichiers et d'échanger des données à caractère personnel;
  • la possibilité pour Frontex de lancer des projets d'assistance technique et de déployer des officiers de liaison dans les pays tiers.
    (communiqué reformulé par les soins de securiteinterieure.fr avec seulement les points importants et dépouillé du blabla diplomatique habituel)

    L'avis de securiteinterieure.fr :

    le nouveau règlement prend en compte des pratiques existantes (comme l'inventaire qui fonctionne bien (enfin !)). Pour ce qui est de la réserve européenne, elle est actée... sur le papier.  La Commission doit lancer une étude de faisabilité (p. 33 de la position du Parlement européen). Bref, des progrès restent à faire pour parvenir au corps européen de garde-frontières. (cf. les propos dans mon livre le Paysage européen de la sec. intérieure, p. 510 et s.). Surtout, l'écueil reste la capacité de Frontex de donner des instructions aux services des Etats membres. Les réticences restent grandes pour recevoir des ordres directement de l'agence. Il y a une cogestion des opérations certes, mais elle vise d'abord à obliger les Etats à fournir les informations à Frontex, et Frontex au Parlement européen.

    Quant au système de crédit-bail, cela permettra une mutualisation des moyens. Economies budgétaires obligent, les Etats mettent à disposition des moyens à Frontex (contre espèces sonnantes et trébuchantes) en période de sous-emploi. On pourrait imaginer dans le futur une situation inverse : Frontex mettrait à disposition du matériel acquis par lui, en faveur des Etats en dehors des opérations européennes aux frontières extérieures.

      (en photo, le siège de Frontex)


      Et à lire sur securiteinterieure.fr si vous voulez aller plus loin :



      retour au sommaire de securiteinterieure.fr

      securiteinterieure.fr
      LE site de référence sur la sécurité intérieure


      page principale :