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vendredi 13 septembre 2019

Le mécanisme de sécurité civile de l’Union a été activé pour aider la France à lutter contre la pollution marine



C’est ce qui ressort du rapport exposant les principales réalisations, au niveau de l'UE, dans le domaine de la protection civile au cours de la présidence roumaine du Conseil de l'Union lors du premier semestre de 2019.
Ce rapport, qui donne des exemples d’activation de protection civile de l'Union (MPCU) pour aider les Etats, souligne que ce semestre a été marqué la mise en œuvre de la réforme d’un tel mécanisme.
Parmi les autres points mentionnés figurent la gestion des événements à faible probabilité d'occurrence mais à fort impact ("événements dits HILP") et la coopération UE-OTAN concernant la protection civile.

La réserve européenne de capacités de protection civile

À la suite de l'accord politique intervenu en décembre 2018, le mécanisme de protection civile de l'Union modifié a été adopté le 13 mars 2019 et est entré en vigueur le 21 mars 2019. La décision modificative renforce le mécanisme existant. Elle introduit plusieurs nouvelles mesures dont la mise en place de rescEU - la réserve européenne de capacités de protection civile. Cette réserve peut être activée lorsque les capacités nationales sont saturées.
Afin de faire en sorte que l'Europe soit préparée à la saison des incendies de forêt, la nouvelle législation prévoit une phase transitoire au cours de laquelle les États participants peuvent recevoir un financement pour les capacités aériennes de lutte contre les incendies qu'ils mettent à la disposition du mécanisme de protection civile de l’Union ("transition vers rescEU").


Le 8 avril 2019, le premier acte d'exécution a été adopté, portant plus particulièrement sur la composition initiale de rescEU et la période transitoire. Un certain nombre d'États participants ont mis à disposition leurs capacités dans le cadre de la transition vers rescEU pour qu'elles soient préparées à la saison des incendies de forêt de cette année. Des discussions ont lieu également sur l'intervention médicale d'urgence, et sur la gestion des incidents CBRN.

Les moyens financiers de la protection civile de l'Union 


Le 7 mars 2019, la Commission a présenté une autre proposition législative visant à modifier le mécanisme de protection civile de l'Union, dans la perspective du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027.


La proposition de la Commission augmente de plus de trois fois le budget du mécanisme de protection civile de l’Union.
Il passe de 368,5 millions d'euros pour la période 2014-2020 à 1,4 milliard d'euros pour la période 2021-2027. L’objectif est de renforcer la capacité collective des États membres et de l'UE à prévenir les catastrophes, à s'y préparer et à y réagir, en développant les capacités de rescEU.
Il s’agit de mettre en place un réseau de connaissances en matière de protection civile, en cofinançant les coûts d'adaptation, de réparation, de transport et d'exploitation des capacités mises à la disposition de la réserve européennes de protection civile.

Les modifications apportées visent à assurer une plus grande flexibilité en raison du caractère imprévisible des catastrophes

Evénements à faible probabilité d'occurrence mais à fort impact ("événements de type HILP") 

La présidence roumaine a organisé l'atelier visant à se préparer à ce type d’événements à Bucarest, les 30 et 31 janvier 2019. Cette réunion a rassemblé une centaine d'experts venus de 33 États participant au mécanisme de protection civile de l’Union, des représentants de plusieurs services de la Commission, du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), de l'OTAN et des États-Unis.

Dans le cadre de cet atelier, les participants avaient pour objectif de réfléchir aux principes et critères permettant :
  • de parvenir à une compréhension commune des événements de type HILP,
  • d'examiner et de partager les expériences et les bonnes pratiques,
  • de déterminer quelles mesures de préparation et de réaction devraient être envisagées au niveau de l'UE pour gérer les éventuelles conséquences d'événements de type HILP.
Le but est de permettre et de faciliter la mise en œuvre des dispositions du mécanisme de protection civile de l’Union en la matière.

Coopération UE-OTAN dans le domaine de la protection civile 

La présidence roumaine et le Centre européen de la lutte contre les menaces hybrides, établi à Helsinki, ont organisé conjointement l'atelier sur le thème "Coopération UE-OTAN dans le domaine de la protection civile" à Bruxelles les 21-22 février 2019.

Cet atelier a réuni 70 experts de haut niveau issus des États membres de l'UE, principalement :
  • des représentants des prestataires de soins de santé,
  • des services de protection civile et des services d'ordre public,
  • des fonctionnaires de l'UE et de l'OTAN.
Ses principaux objectifs étaient de mettre l'accent sur la coopération UE-OTAN dans le domaine de la protection civile, lorsqu'elles sont confrontées à des menaces hybride. Il s’agit
  • de déterminer de quelle manière et dans quels domaines les systèmes de soins de santé des États membres de l'UE sont vulnérables aux menaces hybrides,
  • d'analyser la coopération transfrontière en cas d'incident faisant de nombreuses victimes.
Il comprenait également un exercice de simulation fondé sur une urgence médicale relative à un événement de type HILP faisant de nombreuses victimes et sur un scénario de menace hybride.

Réunion des directeurs généraux des pays de l'Union pour la Méditerranée (UpM) 

La troisième réunion des directeurs généraux des pays partenaires de l'Union pour la Méditerranée (UpM) chargés de la protection civile s’est tenue à Barcelone les 11-12 février 2019. Elle a été coorganisée et coprésidée par l'UpM et la Commission.
Elle était axée sur:
  • renforcer la résilience des pays méditerranéens et la coopération entre communauté opérationnelle et communauté scientifique;
  • améliorer l'état de préparation par le développement des capacités;
  • renforcer la sensibilisation / participation des citoyens à la prévention des catastrophes, ainsi qu'à la préparation / réaction en donnant aux bénévoles et aux jeunes les moyens d'agir;
  • promouvoir une assistance internationale efficace en cas de catastrophe, notamment par une mise en œuvre correcte du soutien fourni par le pays hôte.

Réduction des risques de catastrophe 

La plateforme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe a réuni du 13 au 17 mai à Genève des participants issus de différents secteurs, principalement au niveau ministériel. Au cours de la réunion, les participants ont fait le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du cadre d'action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, adopté en 2015. Ils ont formulé d'autres recommandations à l'intention des décideurs politiques. Ses résultats ont servi :
  • au Forum politique de haut niveau (New York, juillet/septembre 2019),
  • au sommet des Nations unies sur le changement climatique, en septembre 2019.
Quant au  groupe "Protection civile", en concertation avec le groupe "Aide humanitaire et aide alimentaire" il, s'est mis d'accord sur la déclaration faite par la Commission au nom de l'UE et de ses États membres lors de la réunion de la Plateforme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe .

Capacité de l'UE en matière de gestion des risques : réaction à des situations d'urgence

Depuis le début du mois de janvier 2019, le mécanisme de protection civile de l’Union a été activé 9 fois (huit demandes d'aide à l'extérieur de l'UE et 1 à l'intérieur) :
  • Urgence biologique/sanitaire: République démocratique du Congo - épidémie d'Ébola - soutien à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (5 avril)
  •  Inondations: Iran (8 avril)
  • Préparation/conseil: Bolivie - mission de préparation (3 janvier) et Géorgie - mission de préparation (12 février)
  • Pollution marine: France - incendie à bord du "Grande America" - déversement d'hydrocarbures (10 mars)
  • Tempêtes (cyclones, ouragans): Mozambique - cyclone (20 mars); Inde - cyclone - Évaluation des besoins après la catastrophe (PDNA) (22 mai)
  • Urgence environnementale: Îles Salomon (13 mars)
  • Incendies de forêts: Guatemala (14 mai)
Le Centre de coordination de la réaction d'urgence (ERCC) a également suivi et partagé des informations sur les incendies de forêts survenus en Norvège et en Suède à la fin du mois d'avril.
Au jour de la publication du rapport, :
  • 7 missions de protection civile de l'Union européenne (EUCP) ont été organisées en 2019,
  • 42 experts et sept officiers de liaison de l'ERCC ont été déployés.
Parmi ces experts, 6 étaient des experts de l'UE affectés aux Nations unies et à l'OMS, et un était issu du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Par ailleurs, le service Copernicus de gestion des situations d'urgence (EMS) a été activé en réponse à 23 demandes de cartographie par satellite, produisant plus de 200 cartes.

En outre, l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) a fourni des services spécialisés de cartographie par satellite dans le domaine des déversements d'hydrocarbures pour répondre à une demande de cartes satellitaires dans un dossier de pollution marine.

Un exemple de réaction à des situations d'urgence : l’activation du mécanisme en France 

Le mécanisme de protection civile de l’Union a été activé une seule fois, au sein de l'UE. Il s'agit de la France pour faire face à un cas de pollution marine en mars 2019.
  • Le 10 mars, le navire Grande America (battant pavillon italien) a pris feu dans le golfe de Gascogne, à proximité des côtes françaises. Dans la foulée, plusieurs déversements d'hydrocarbures ont été détectés et 30 conteneurs ont été abandonnés en mer.
  • Le 12 mars, le navire a fait naufrage et la plupart des marchandises/conteneurs ont été dispersés en mer. La France a présenté des demandes d'assistance dans le cadre du système commun de communication et d'information d'urgence (CECIS).
  • Le 12 mars toujours, le service CleanSeaNet de l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) a été activé et deux navires d'intervention antipollution ont été déployés par l'AESM.
  • Le 25 mars, la quantité totale récupérée a été estimée à 38 tonnes d'hydrocarbures solides et à 474 mᶟ de pollution liquide (hydrocarbures mélangés à de l'eau de mer).
  • Le 19 avril, la France a mis fin à l'urgence au titre du CECIS-Pollution marine.



synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr 



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