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jeudi 5 septembre 2019

Cybersécurité : l’Europe va se doter d’une nouvelle plate-forme pour mieux lutter contre les criminels


La criminalité possède une dimension numérique. Conscient de cette situation, les 28 ministres de l’Intérieur ont approuvé dans des conclusions la mise en place d'une nouvelle structure destinée à établir un lien entre les experts et les services dans le domaine des données numériques. 
Cette plateforme de partage des connaissances, qui vise aussi à dresser un pont entre les outils et les initiatives existantes, va s’appeler la plateforme NAI pour "Nouvelles informations exploitables" ou "Novel Actionable Information" (NAI).
Europol en sera la cheville ouvrière et un groupe d'experts sur l'analyse criminelle sera créé en parallèle de cette nouvelle plate-forme.

D’où vient-on ?

Les conclusions du Conseil sur l'examen à mi-parcours de la stratégie de sécurité intérieure renouvelée pour l'Union européenne 2015-20201, dans lesquelles le Conseil insiste sur la nécessité de suivre une approche rapide et souple, fondée sur le renseignement pour lutter contre des menaces émergentes,
En outre, des discussions thématiques menées par les ministres et au sein du Comité de sécurité intérieur du Conseil de l’UE (COSI).
En outre, les États membres ont apporté des contributions dans le cadre de consultations et de réunions d'experts organisées par Europol et le Collège européen de police (CEPOL).

En parallèle, une expérience a déjà acquise avec les plateformes de partage des connaissances et les plateformes d'experts. C’est le cas de la plateforme d'experts Europol (EPE).
C’est aussi le cas de SIRIUS.

Le Conseil de l’UE juge urgent d’aller plus loin en disposant d'un processus simplifié pour aider les services répressifs dans l'ensemble de l'Union.
Il s’agit de comprendre, de concevoir et d’utiliser des technologies et des outils dans le domaine des données numériques.

Pourquoi cette plate-forme ?

Aujourd’hui, la majorité des enquêtes pénales possèdent une composante "données numériques", ce qui exige que les services répressifs reconnaissent, comprennent et utilisent les données numériques. Les États membres déploient actuellement des efforts pour réagir à l'évolution rapide des technologies. Leurs autorités collaborent pour soutenir les diverses activités de recherche et d'innovation menées par les services répressifs.

Or, le développement des connaissances est un processus qui nécessite beaucoup de temps et de ressources. En parallèle, les services répressifs doivent optimiser l'utilisation de leurs ressources, leurs qualités relationnelles, leur expérience en matière d'organisation.
Il s’agit donc de renforcer en priorité les capacités d'analyse de données dans l'ensemble de l'Union.

Parallèlement à l'échange d'informations, la coopération opérationnelle entre les autorités compétentes au sein de l'Union tirerait avantage d'un échange de connaissances.
Un tel échange structuré sera fondé sur le concept consistant à "apprendre à trouver et apprendre à utiliser des données numériques".
Il serait soutenu par cette plateforme de partage des connaissances mise à la disposition des services répressifs.

En quoi consiste cette plateforme ?


Cette plateforme NAI a vocation à aider les États membres, les agences européennes et les réseaux de professionnels, à:
  • partager les connaissances entre les services répressifs dans l'ensemble de l'UE sur les manières d'effectuer des analyses (criminelles),
  • concevoir, actualiser et utiliser des procédures, méthodes, lignes directrices, manuels et logiciels sur le traitement de données numériques,
  • partager les enseignements tirés, les meilleures pratiques et les scénarios de travail en matière de traitement de données numériques,
  • stocker les applications, les algorithmes, des outils logiciels,
  •  avoir une vue d'ensemble des initiatives de nature à faciliter l'établissement de priorités, en évitant les doubles emplois et en optimisant l'utilisation des ressources.

Et concrètement, quelle est sa mise en place ?

Le Conseil de l’UE demande à Europol:
  • de présenter au comité permanent de coopération opérationnelle en matière de sécurité  intérieure (COSI), d'ici la fin de 2019, une feuille de route pour la mise en place la plateforme NAI,
  • d'établir un groupe d'experts sur l'analyse criminelle dans le but d'aligner les normes de l'analyse criminelle. Il s’agit de partager les bonnes pratiques, les connaissances et les capacités de recherche et d'innovation dans ce domaine.
    Cela dit, il faut éviter les doubles emplois avec la plateforme d'experts Europol (EPE) et SIRIUS. SIRIUS est un projet financé par l'UE.
    Il s’agit d’un outil électronique au sein de l’EPE et fournit des connaissances, des outils et des formations aux services répressifs et aux autorités judiciaires dans l'UE. L’objectif est d'améliorer la qualité et l'efficacité des demandes d'accès à des preuves électroniques.

Et qui va faire quoi ?

Le Conseil de l’UE demande aux États membres, aux agences et aux réseaux de contribuer régulièrement à la plateforme NAI en partageant, en testant, en promouvant, en utilisant et en maintenant à jour le contenu de l'analyse (criminelle) et les données numériques.
Comme les formations initiales et continues sont centrales pour les services répressifs pour comprendre et utiliser les données numériques.
Il demande donc au CEPOL d'élaborer et des programmes de formation.

Ce programme doit inclure l'apprentissage en ligne, afin d'atteindre le cercle le plus large possible d'agents des services répressifs.
 Il s’agit de promouvoir le recours aux procédures, méthodes, lignes directrices, manuels et logiciels recensés dans la plateforme à cette fin.
Il demande également EUROJUST de promouvoir la pleine utilisation de la plateforme NAI.
Il s’agit de veiller notamment à la synchronisation et à la complémentarité avec d'autres initiatives existantes à l'intention des autorités judiciaires nationales.

Enfin, il demande :
  • à la Commission d'étudier la possibilité d'allouer des ressources suffisantes,
  • au Comité de sécurité intérieure de suivre la valeur ajoutée de la plateforme NAI et de s’intéresser plus particulièrement à la question du traitement des données numériques.


synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr 



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