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mercredi 8 mai 2019

Intelligence artificielle : l’UE ambitionne de jouer un rôle de chef de file dans l’élaboration de lignes directrices internationales


Diffuser son approche autour d’une intelligence artificielle axée sur le facteur humain pour élaborer un standard à l’échelle mondiale visant à encadrer cette révolution en cours.
L’ambition est clairement affichée dans une communication présentée sur une IA plus éthique.



Dans cette optique, la Commission européenne se félicite de la contribution apportée par le groupe d’experts de haut niveau. Sur la base des exigences essentielles à respecter pour que l’IA soit considérée comme digne de confiance, la Commission déclare qu’elle lancera une phase pilote pour vérifier que ces lignes directrices puisse être mises en pratique.
L’objectif ? Forger un large consensus sociétal autour de l’IA axée sur le facteur humain au plan international.
Et les choses pressent étant donné les progrès rapides dans ce domaine.

De quoi parle-t-on ?

Selon la communisation, la dimension éthique de l’IA n’est pas un luxe superflu ou un élément accessoire: elle doit faire partie intégrante du développement de l’IA. En s’efforçant d'orienter l'IA vers une approche axée sur le facteur humain et fondée sur la confiance, l’UE préserve les valeurs de société fondamentales et permet à ses entreprises de se distinguer en tant qu'acteurs de premier plan dans le domaine de l’IA de pointe, en jouissant d'un capital de confiance dans le monde entier.

Or, l’UE est fondée sur un ensemble de valeurs fondamentales, socle sur lequel elle a bâti un cadre réglementaire solide et équilibré. Le caractère radicalement nouveau de l'IA et les défis spécifiques qu'elle implique imposent d'élaborer, au départ de cet acquis réglementaire, des lignes directrices en matière d’éthique pour encadrer le développement et l'utilisation de cette technologie.
Pour emporter la confiance, l'IA doit être développée et utilisée dans le respect de valeurs éthiques largement partagées.



Forte de sa réputation en matière de sécurité et de grande qualité des produits, l’Europe pratique, à l'égard de l'IA, une approche éthique qui renforce la confiance des citoyens dans le développement du numérique et s'efforce de créer un avantage concurrentiel pour les entreprises européennes d’IA.

Cette communication a pour objectif de lancer une vaste phase pilote avec la participation d'un maximum de parties prenantes afin de tester la mise en pratique des orientations éthiques à suivre pour le développement et l’utilisation de l’IA.
Elle se base sur une série de  lignes directrices élaborées par un groupe d’experts de haut niveau sur l’IA.
Ces lignes directrices posent l'hypothèse que, pour parvenir à une «IA digne de confiance», trois éléments sont nécessaires: 1) elle doit respecter la législation, 2) elle doit respecter des principes éthiques et 3) elle doit être robuste.

D’où vient-on ?

Dans sa stratégie européenne en avril 2018 la Commission opte en faveur d’une approche en 3 volets visant :
  • à renforcer la capacité technologique et industrielle de l’UE et à intensifier le recours à l’IA dans tous les secteurs de l’économie,
  • à faire face aux changements socio-économiques,
  • à garantir l'existence d'un cadre éthique et juridique approprié.
Pour atteindre les résultats visés par la stratégie en matière d'IA, la Commission a élaboré, en association avec les États membres, un plan coordonné dans le domaine de l'intelligence artificielle qu'elle a présenté en décembre 2018. Ce plan a pour but :
  • de créer des synergies,
  • d'assurer la mise en commun des données (matière première de nombreuses applications d'IA),
  • d'accroître les investissements conjoints.

La Commission également a mis en place un groupe d’experts de haut niveau sur l’IA. Elle lui a confié la mission d'élaborer des lignes directrices en matière d’éthique dans le contexte de l’IA et de produire un ensemble de recommandations concernant plus largement la politique en matière d’IA. Dans le même temps, l’Alliance européenne pour l’IA, une plateforme ouverte réunissant des parties prenantes de divers horizons et comptant plus de 2 700 membres, a été créée afin d'élargir les contributions aux travaux du groupe d’experts de haut niveau sur l’IA.




Le groupe d’experts de haut niveau sur l’IA a publié un premier projet de lignes directrices en matière d’éthique en décembre 2018.
À la suite d’une consultation des parties prenantes9 et de plusieurs réunions avec des représentants des États membres, il a soumis un document révisé à la Commission en mars 2019.
D’après l

a Commission, dans leurs réactions communiquées à ce jour, les parties prenantes saluent globalement le pragmatisme de ces lignes directrices.

Où va-t-on ?

La Commission lancera une phase pilote ciblée afin d’obtenir un retour d’information structuré de la part des parties prenantes.

À partir de juin 2019, toutes ces parties prenantes et tous les citoyens seront invités à tester la liste d’évaluation et à fournir ce retour d’information sur les possibilités de l’améliorer.
En outre, le groupe d’experts de haut niveau sur l’IA procédera à un large tour d'horizon avec les parties prenantes du secteur privé et du secteur public afin de recueillir des informations plus détaillées sur les modalités de mise en œuvre des lignes directrices.




D’ici au 3e trimestre de 2019 :
  • elle commencera à lancer un ensemble de réseaux de centres d’excellence en matière d’IA dans le cadre d’Horizon 2020. Elle sélectionnera un maximum de 4 réseaux.
  • elle entamera la création de réseaux de pôles d’innovation numérique centrés sur l’IA dans l’industrie manufacturière et sur les mégadonnées.
  • elle entamera des discussions préparatoires afin d’élaborer et de mettre en œuvre un modèle de partage des données et d’utilisation optimale des espaces de données communs.
Par ailleurs, tous les retours d’information sur l’exploitabilité et la faisabilité des lignes directrices seront évalués d’ici à la fin de 2019.

Parallèlement, la Commission organisera de nouvelles activités de communication, en donnant aux représentants du groupe d’experts de haut niveau en matière d’IA la possibilité de présenter les lignes directrices aux parties concernées dans les États membres, notamment aux entreprises privées et au secteur des services.

Au début de 2020, sur la base de l’évaluation des retours d’information reçus au cours de la phase pilote, le groupe d’experts de haut niveau sur l’IA réexaminera et actualisera les lignes directrices.
A partir de ce réexamen et de l’expérience acquise, la Commission évaluera les résultats et proposera, le cas échéant, de nouvelles mesures.
Elle veillera à ce que ces orientations puissent être testées et mises en pratique.

Qu’est-ce que ces lignes directrices « pour une IA digne de confiance » ?

Les lignes directrices pour une IA digne de confiance élaborées par le groupe d’experts de haut niveau sur l’IA :
  • définissent 7 exigences essentielles auxquelles les applications de l’IA devraient répondre pour être considérées comme dignes de confiance,
  • contiennent également une liste d’évaluation destinée à vérifier si ces exigences sont remplies,
  • s’appuient en particulier sur les travaux du Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies et de l’Agence des droits fondamentaux (FRA).

Les lignes directrices posent l'hypothèse que, pour parvenir à une «IA digne de confiance», 3 éléments sont nécessaires:
  • respecter la législation,
  • respecter des principes éthiques
  • être robuste.

Les 7 exigences essentielles sont :
  • Facteur humain et contrôle humain
  • Robustesse technique et sécurité
  • Respect de la vie privée et gouvernance des données
  • Transparence
  • Diversité, non-discrimination et équité
  • Bien-être sociétal et environnemental
  • Responsabilisation

L’enjeu actuel : des lignes directrices internationales en matière d’éthique

Les discussions internationales sur l’éthique en matière d’IA se sont intensifiées lorsque la présidence japonaise du G7 en a fait une grande priorité en 2016.
Aux yeux de la Commission, les travaux réalisés par le groupe d’experts de haut niveau sur l’IA, et plus précisément la liste des exigences, contribuent aux discussions internationales.
Toujours d’après elle, l’UE peut jouer un rôle de chef de file dans l’élaboration de lignes directrices internationales en matière d’IA et, si possible, d'un mécanisme d’évaluation connexe.

Par conséquent, les intentions de la Commission sont .
  • Renforcer la coopération avec les partenaires partageant les mêmes idées:
    • étudier les possibilités de convergence avec les projets de lignes directrices en matière d’éthique de pays tiers (par exemple, le Japon, le Canada, Singapour),
    • à partir de ce groupe de pays partageant les mêmes idées, préparer une discussion plus large, accompagnée d'actions de mise en œuvre de l’instrument de partenariat pour la coopération avec les pays tiers,
    • étudier la manière dont les entreprises de pays tiers et les organisations internationales peuvent contribuer à la phase pilote des lignes directrices en procédant à des essais et des validations.
  • Continuer à jouer un rôle actif dans les discussions internationales:
    • contribuer aux travaux menés dans les enceintes multilatérales telles que le G7 et le G20;
    • engager des dialogues avec les pays tiers et organiser des réunions bilatérales et multilatérales pour parvenir à un consensus autour de l’IA axée sur le facteur humain;
    • contribuer aux activités de normalisation pertinentes au sein des organisations internationales de normalisation afin de promouvoir cette vision;
    • renforcer la collecte et la diffusion d'analyses sur les politiques publiques, en collaboration avec les organisations internationales concernées.


synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr

A lire également sur securiteinterieure.fr :


En  complément, à regarder "Pourquoi l’intelligence artificielle a besoin d’éthique" (Vidéo du journal Le monde)





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