lundi 7 décembre 2015

"Le trafic de drogue est la principale activité criminelle (et la plus rentable) en Europe"


La Commission européenne vient de présenter dans un rapport un bilan à mi-parcours du plan d'action antidrogue (2013-2016) de l’UE. Il est précisé que le trafic et la production de stupéfiants font toujours partie des activités criminelles les plus rentables pour la criminalité organisée en Europe. 230 000 délits de vente de drogue ont été signalés en une seule année, dont plus de la moitié étaient associés au cannabis.
Reste que les Etats ont également du travail à faire. Par exemple, moins de la moitié des pays de l’UE ont signalé à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) la mise en œuvre complète de politiques antidrogue dans les écoles.

Où en est-on et où va-t-on ?

La stratégie antidrogue (2013-2020) et le plan d’action antidrogue (2013-2016) de l’UE définissent le cadre et les priorités de la politique de l’UE en matière de lutte contre la drogue. Ce rapport présente les principaux progrès réalisés par l’UE en 2013 et 2014 dans la mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action antidrogue (à lire sur securiteinterieure.fr : La nouvelle stratégie européenne antidrogue 2013-2020).  

En 2016, la Commission européenne réalisera une évaluation globale de sa stratégie et de son plan d’action antidrogue. L’évaluation étudiera l’impact de la mise en œuvre de la stratégie antidrogue de l’UE tant au sein de l’UE qu’en dehors. En fonction de ses résultats, la Commission décidera de présenter ou non une proposition pour un nouveau plan d’action 2017-2020.
 
La situation en matière de drogue en 2013-2014 (pour 2015, voir le rapport de l'OEDT)

En Europe :
  • la consommation estimée de cannabis, la drogue la plus populaire en Europe (avec 2 000 tonnes saisies);
  • la cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée au sein de l’UE. en 2013, 61 tonnes saisies dans l'UE)

Toujours en Europe :
  • 78,9 millions d’Européens ont déclaré avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie et  15,6 de personnes ont essayé la cocaïne et 12 millions les amphétamines;
  • l’expérimentation de drogues commence souvent au cours de la scolarité : chez les jeunes de 15 et 16 ans, un sur quatre a déjà consommé une drogue illicite;
  • 1,3 million d’adultes sont des usagers d’opiacés à problème et 3,4 % de l’ensemble des décès d’Européens âgés de 15 à 39 ans sont dus à des surdoses de drogue;
  •  1 700 personnes sont décédées d’infections au VIH/SIDA imputables à la toxicomanie au sein de l’UE;
  •  1 446 cas de VIH imputables à la consommation de drogues par injection ont de nouveau été signalés au sein de l’UE (en 2010);
  • 101 nouvelles substances psychoactives ont été détectées en 2014 , soit 22 % de plus qu’en 2013.

Dans le monde :
  • 264 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans ont consommé des drogues illicites en 2013;
  • 27 millions de personnes souffrent de troubles liés à la consommation de drogue ou de dépendance à la drogue;
  • près de la moitié de ces personnes (12,19 millions) s’injectent des drogues et on estime que 1,65 million de celles-ci étaient infectées par le VIH en 2013

Réduction de la demande de drogue
  • en 2013, moins de la moitié des pays de l’UE ont signalé à l’OEDT la mise en œuvre complète de politiques antidrogue dans les écoles. Toutefois, de nombreuses campagnes générales d’information dans les écoles sur l’abus de substances ont été signalées au sein de l’UE;
  • la moitié des États membres de l’UE ont indiqué mettre en œuvre des campagnes antidrogue dans des lieux récréatifs tels que les festivals musicaux, les fêtes, les événements nocturnes ou les discothèques;
  • la plupart des traitements de la toxicomanie en Europe sont proposés en consultation externe . Un dixième des traitements de la toxicomanie est proposé à des patients admis à l’hôpital ou dans des centres spécialisés;
  • tous les pays de l’UE ont mis en place des traitements de substitution aux opiacés et des programmes d’échange d’aiguilles et de seringues. Toutefois, en 2013, ces programmes d’échange d’aiguilles et de seringues étaient loin d’une couverture complète dans tous les pays, notamment dans les prisons;
  • en 2013 et 2014, la plupart des pays de l’UE avaient mis en place des politiques de soins de santé pour les détenus toxicomanes.

Réduction de l’offre de drogue

D'après Europol:
  • plus de 1 600 nouvelles enquêtes liées aux stupéfiants ont été ouvertes en 2014 au sein de l’UE, visant des organisations de la criminalité organisée impliquées dans le trafic de drogue;
  • en 2014, 101 nouvelles substances psychoactives ont été signalées pour la première fois au sein de l’UE, contre 41 en 2010 (plus de 450 sont actuellement surveillées par l’OEDT). En 2013, 33 000 saisies de ces substances psychoactives ont été réalisées, pour un volume total de plus de 2,3 tonnes. Elles proviennent essentiellement de Chine.
Étant donné l’ampleur de la menace que représentent les nouvelles substances psychoactives, la Commission a présenté en septembre 2013, un ensemble de propositions législatives pour un nouveau système, plus rapide et plus efficace, pour contrer les menaces  pour atteindre ces objectifs. Depuis lors, ces actes font l’objet de discussions par le Conseil et le Parlement européen.
 
Concernant :
  • Eurojust, le nombre d’affaires de trafic de drogue signalées à cette agence de coopération judiciaire n’a que légèrement augmenté en 2014 par rapport à l’année précédente. Un projet lancé par Eurojust sur le trafic de drogue en 2014 a démontré que les différences entre les règles matérielles et procédurales des pays de l’UE représentaient un obstacle important pour les enquêtes;
  • le Collège européen de police, des formations  ont été organisées sur les drogues et les problèmes liés aux drogues pour près de 1 300 participants;
  • le Centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants MAOC (N), cette structure a, depuis sa création, coordonné l’interdiction de plus de 120 navires et la saisie de plus de 100 tonnes de cocaïne et de 300 tonnes de cannabis, pour une valeur commerciale au sein de l’UE de 8 milliards d’euros. 

En outre, :
  • le système juridique de la plupart des pays de l’UE prévoyait des alternatives aux sanctions coercitives pour les délinquants toxicomanes;
  • presque tous ces pays prévoyaient un traitement et un programme de réadaptation, alors que la moitié d’entre eux veillaient à l’éducation, la postcure et l’insertion sociale des intéressés.

Par ailleurs, l’émergence de l’internet en tant que marché en ligne de la drogue représente un autre défi. Plus de la moitié des pays de l’UE ont spécialement ciblé la criminalité liée à la drogue sur l’internet et certains d’entre eux ciblent les sites web utilisés pour vendre des drogues de synthèse. Eurojust et Europol ont également déclaré mettre en œuvre plusieurs actions ciblant la criminalité liée à la drogue sur l’internet.

Coopération internationale
 
Au niveau international :
  • les positions de l’UE ont été préparées pour les réunions aux Nations Unies ou lors d’autres forums internationaux traitant de sujets liés à la drogue. Une position européenne commune est en cours de préparation pour l’UNGASS 2016 (la session spéciale sur les drogues de l’Assemblée générale des Nations unies qui étudiera la façon d’améliorer les politiques mondiales en matière de drogues tout en renforçant la santé publique et les droits de l’homme dans le cadre des conventions des Nations unies sur les stupéfiants);  
  •  la coopération avec les pays du voisinage européen et la Russie s’est concentrée sur la réduction de l’offre de drogue mais elle a été moins dynamique que par le passé lié à la situation sécuritaire compliquée le long de la frontière orientale de l’Europe; 
  • L’UE développe également une collaboration avec l’Afrique de l’ouest où elle propose un soutien pour la mise en œuvre du plan d’action régional sur le trafic de drogues illicites, la criminalité organisée associée et la toxicomanie de la CEDEAO;  
  • l’UE soutient depuis longtemps les projets et programmes de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). L’UE finance plusieurs projets et programmes pour la lutte mondiale contre le trafic de drogue pour un financement total de 73 millions d’euros; 
  • les dialogues entre l’UE et les États-Unis ont mis l’accent sur des sujets tels que: la gestion des nouvelles substances psychoactives, l’abus de médicaments délivrés sur ordonnance et la préparation de l’UNGASS 2016.

Recherche, suivi et évaluation
 
En 2013 et 2014 :
  • la Commission :, il est indiqué que:
    • a débloqué près de 10 millions d’euros pour financer deux projets de lutte contre la drogue dans le cadre du 7eprogramme-cadre pour la recherche (PC7);
    • a pris en charge un financement de plus de 1,5 million d’euros par le biais d’autres programmes de financement pour des projets de recherche dans le domaine des drogues. 
  • de nouvelles recherches essentielles ont été réalisées au sein de pays de l’UE, notamment sur :
    • la réduction de la demande de drogue;
    • les maladies à transmission sanguine associées à la consommation de drogue;
    • la polytoxicomanie et l’usage abusif de médicaments délivré sur ordonnance, 
    • les problèmes de toxicomanie chez les détenus; 
  • presque tous les pays de l’UE ont lancé/mis en œuvre des initiatives pour former des professionnels à différents aspects de la réduction de la demande et de l’offre de drogue.

 synthèse du texte par securiteinterieure.fr



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