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jeudi 3 septembre 2020

Menaces technologiques, organisations criminelles et terrorisme au cœur du nouveau cadre 2020-2025 pour la sécurité intérieure

 


Voici les trois grandes menaces identifiées au cœur de la nouvelle stratégie européenne sur l’union de la sécurité

Le but ? Définir un nouveau cadre d’action pour ces cinq prochaines années.
Le constat est sans appel : la situation sécuritaire se détériore et les mesures prises sont fragmentées.
Une action commune est préconisée, pour réagir efficacement et de manière coordonnée à des menaces évoluant rapidement.
La stratégie identifie quatre priorités stratégiques :

  • un environnement de sécurité à l’épreuve du temps,
  • un moyen de faire face à l’évolution des menaces,
  • une protection des Européens contre le terrorisme et la criminalité organisée, 
  • un solide écosystème européen de la sécurité.

 

De quoi parle-t-on ?

La nouvelle stratégie sur l’union de la sécurité pose les jalons d’un écosystème de la sécurité qui couvre l’ensemble de la société européenne.
Elle repose sur la constatation selon laquelle la sécurité relève de la responsabilité partagée.

La stratégie de l’UE sur l’union de la sécurité regroupe l’ensemble des besoins en matière de sécurité et met l’accent sur les domaines qui seront les plus importants pour la sécurité de l’UE dans les années à venir.
Elle reconnaît également le fait que les menaces pour la sécurité ne respectent pas les frontières géographiques, de même que l’interconnexion croissante entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure.

Cette nouvelle stratégie 2020-2025 :

  • se concentre sur le renforcement des moyens et des capacités en vue de la mise en place d’un environnement de sécurité à l’épreuve du temps.
  • présente une approche de la sécurité qui englobe l’ensemble de la société et qui permet de réagir efficacement et de manière coordonnée à des menaces évoluant rapidement.
  • définit des priorités stratégiques et les mesures correspondantes pour faire face aux risques numériques et physiques de façon intégrée dans l’ensemble de l’écosystème de l’union de la sécurité,
  • se concentre sur les domaines dans lesquels l’UE peut apporter une valeur ajoutée.


D’où vient-on ?

Les orientations politiques de la présidente von der Leyen appellent à améliorer la coopération afin de protéger tous les citoyens vivant en Europe. La stratégie de l'UE sur l'union de la sécurité présentée ce jour définit les actions prioritaires, les outils et les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif, tant dans le monde physique que dans le monde numérique, et dans toutes les composantes de la société.

La stratégie est fondée sur les progrès accomplis précédemment dans le cadre du programme européen en matière de sécurité 2015-2020 de la Commission et se concentre sur les priorités approuvées par le Parlement européen et le Conseil.

 

Quels sont ses objectifs ?

La stratégie s’articule autour de 3 objectifs :

  • renforcer les moyens et les capacités de détection rapide, de prévention et de réaction rapide aux crises: l’Europe doit être plus résiliente pour prévenir les chocs futurs, se protéger contre ces chocs et y résister ;
  • mettre l’accent sur les résultats: une stratégie axée sur les résultats doit reposer sur une évaluation minutieuse des menaces et des risques afin que les efforts puissent être ciblés au mieux. Elle doit définir et utiliser les règles et les outils adéquats;
  • associer l’ensemble des acteurs des secteurs public et privé à un effort commun: des acteurs clés des secteurs public et privé sont réticents lorsqu’il s’agit de partager des informations utiles pour la sécurité, par crainte de compromettre la sécurité nationale ou leur compétitivité.


Pourquoi cette stratégie : des menaces évolutives

A l’heure des objets connectés, les services s’appuient sur des infrastructures tant physiques que numériques, ce qui accroît leur vulnérabilité et les possibilités de les perturber. Pendant la pandémie de COVID-19, les nouvelles technologies ont ouvert la porte à une augmentation extraordinaire des attaques malveillantes. 


Le monde s’appuie sur des infrastructures et des technologies numériques qui reposent tous sur la communication et l’interaction.
La dépendance à l’égard des systèmes en ligne a ouvert la porte à une vague de cybercriminalité. Les criminels s’adaptent rapidement de manière à utiliser les nouvelles technologies à leurs propres fins. Par exemple, des médicaments contrefaits et falsifiés se sont infiltrés dans la chaîne d’approvisionnement légale en produits pharmaceutiques.

Le contexte mondial aggrave aussi ces menaces. Les politiques industrielles offensives de certains pays tiers, associées aux vols incessants de propriété intellectuelle facilités par l’internet, sont en train de modifier le paradigme stratégique de la protection et de la promotion des intérêts européens. L’espionnage industriel a une incidence considérable, le vol électronique de secrets d’affaires coûtant 60 milliards d’euros à l’UE.

La crise liée à la COVID-19 a également montré que les fractures et les incertitudes sociales ouvrent une porte plus grande à des attaques plus sophistiquées et hybrides menées par des acteurs étatiques et non étatiques, les vulnérabilités étant exploitées au moyen d’une combinaison de cyberattaques, de dommages causés aux infrastructures critiques, de campagnes de désinformation et d’actions de radicalisation du discours politique.

Dans le même temps, les menaces plus anciennes continuent d’évoluer. Les citoyens de l’UE restent exposés à une menace élevée d’attaques djihadistes perpétrées ou inspirées par Daech, Al-Qaida ou les groupes qui leur sont affiliés. Parallèlement, la menace que représente l’extrémisme de droite violent croît également.

La crise a également montré que les menaces existantes pouvaient évoluer avec les circonstances. Des groupes criminels organisés ont profité des pénuries de marchandises pour créer de nouveaux marchés illégaux :

  • le trafic de stupéfiants, la valeur des ventes au détail de à au moins 30 milliards d’euros par an.
  • la traite des êtres humains don le bénéfice mondial annuel s’élève à près de 30 milliards d’euros.
  • le commerce international de produits pharmaceutiques contrefaits qui a atteint 38,9 milliards milliards d’euros.


Dans le même temps, les faibles taux de confiscation permettent aux criminels de continuer à développer leurs activités criminelles et d’infiltrer l’économie légale. Le marché en ligne et les nouvelles technologies telles que l’impression en 3D facilitent l’accès des criminels et des terroristes aux armes à feu. L’utilisation de l’intelligence artificielle, des nouvelles technologies et de la robotique augmentera encore le risque que des criminels se servent des avantages de l’innovation à des fins malveillantes.

1e  priorité stratégique :  Un environnement de sécurité à l’épreuve du temps

 La stratégie prévoit plusieurs actions à cet effet :

  • Législation sur la protection et la résilience des infrastructures critiques
  • Révision de la directive sur les réseaux et les systèmes d’information
  • Présentation d’une initiative sur la résilience opérationnelle du système financier.
  • Protection et cybersécurité des infrastructures énergétiques critiques et code de réseau sur la cybersécurité pour les flux transfrontaliers d’électricité
  • Etablissement d’une nouvelle stratégie européenne de cybersécurité 

 

La stratégie prévoit aussi : 

  • Définition des prochaines étapes en vue de la création d’une unité conjointe de cybersécurité
  • Etablissement de règles communes en matière de sécurité de l’information et de cybersécurité pour les institutions, organes et organismes de l’UE
  • Renforcement de la coopération en vue de la protection des espaces publics, y compris les lieux de culte
  • Mise en commun des bonnes pratiques en matière de lutte contre l’utilisation abusive des drones


 

2e  priorité stratégique :  Faire face à l’évolution des menaces


La stratégie prévoit plusieurs actions à cet égard :

  • Mise en œuvre effective de la législation en matière de cybercriminalité.
  • Définition d’une stratégie en faveur d’une lutte plus efficace contre les abus sexuels commis contre des enfants.
  • Propositions en matière de détection et de suppression des contenus pédopornographiques.
  • Approche de l’UE en matière de lutte contre les menaces hybrides.
  • Réexamen du protocole opérationnel de l’UE pour la lutte contre les menaces hybrides («EU Playbook»).
  • Évaluation des moyens de renforcer les capacités des services répressifs en matière d'enquêtes numériques.


3e  priorité stratégique :  Protéger les Européens contre le terrorisme et la criminalité organisée

La stratégie prévoit plusieurs actions à cette fin:

  • Programme de lutte contre le terrorisme pour l’UE, comprenant de nouvelles actions de lutte contre la radicalisation dans l’UE.
  • Nouvelle coopération avec des pays tiers et des organisations internationales stratégiques en matière de lutte contre le terrorisme.
  • Programme de lutte contre la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains.
  • Programme et plan d’action antidrogue de l’UE 2021-2025.
  • Évaluation de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.
  • Plan d’action de l’UE en matière de lutte contre le trafic d’armes à feu pour la période 2020-2025.
  • Réexamen de la législation sur le gel et la confiscation des avoirs et sur les bureaux de recouvrement des avoirs.
  • Évaluation de la directive sur la protection de l’environnement par le droit pénal.
  • Plan d’action de l’UE contre le trafic de migrants pour la période 2021-2025.


4e  priorités stratégique :  Un solide écosystème européen de la sécurité 


La stratégie prévoit plusieurs actions dans cette perspective:

  • Renforcement du mandat d’Europol
  • Étude d’un «code de coopération policière» européen et d’une coordination policière entre les services de police en temps de crise
  • Consolidation d’Eurojust afin d’assurer un lien entre les autorités judiciaires et les services répressifs
  • Réexamen de la directive concernant l’information préalable sur les passagers 

 

La stratégie prévoit aussi :

  • Communication sur la dimension extérieure des dossiers passagers
  • Renforcement de la coopération entre l’UE et Interpol
  • Définition d’un cadre de négociation avec les principaux pays tiers en ce qui concerne le partage d’informations
  • Amélioration des normes de sécurité applicables aux documents de voyage
  • Étude d’un pôle d’innovation européen pour la sécurité intérieure



synthèse du texte par Pierre Berthelet alias securiteinterieure.fr 



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